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« Le canal Seine-Nord Europe, accélérateur de projets »

Directeur de Voies navigables de France, Thierry Duclaux estime que le canal Seine-Nord sera un véritable accélérateur de projets, notamment pour la batellerie. Les cinq départements sont actuellement en pleine négociation en ce qui concerne leur participation au projet.

Les Marchés : Après la signature du protocole d’intention de financement intervenue le 11 mars dernier, quelles sont les prochaines échéances qui attendent le canal Seine-Nord Europe ?

Thierry Duclaux : Après la signature du protocole d’intention de financement le 11 mars entre l’État, Voies navigables de France et les trois collectivités régionales concernées Il s’agit des régions Ile-de-France, Picardie et Nord-Pas-de-Calais., et celle du lancement d’appel public à la concurrence opéré le 6 avril, nous travaillons actuellement à la définition d’un protocole incluant les cinq départements Il s’agit des départements du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme, de l’Oise et du Val d’Oise. concernés par Seine- Nord. Ce protocole de financement plus complet devrait être finalisé en septembre prochain. Nous réfléchissons actuellement à la participation des départements au financement des plateformes multimodales, mais aussi à la manière de les impliquer dans leur développement.

LM : Vinci et la Sanef – avec le groupe de BTP Bouygues – ont annoncé le 16 février dernier leur candidature au projet. Quand aurez-vous fait votre choix ?

T. D. : Tous les dossiers de candidature devraient nous être parvenus pour le milieu du mois de juin. Nous disposerons d’un mois et demi pour analyser les capacités techniques et financières des consortiums qui auront répondu. Une fois finalisé le protocole de financement, nous pourrons lancer effectivement la phase de dialogue avec eux afin d’étudier notamment l’ensemble de leurs propositions techniques et financières (fonctionnement des écluses, étanchéité, pont-canal…). C’est à partir de là que l’on arrêtera les termes du contrat passé pour les trente à cinquante ans qui viennent. La signature de l’offre finale devrait avoir lieu dans le courant de l’année 2011… Et les premiers travaux de percement du canal devraient débuter fin 2011 pour s’achever fin 2015.

LM : VNF a déclaré tout récemment que « l’aménagement et l’exploitation des quatre plateformes multimodales seront réalisés dans un cadre distinct de celui du contrat de partenariat ». Pouvez-vous nous apporter des précisions ?

T. D. : Le contrat entre Voies navigables de France et son contractant distinguera ce qui sera de la responsabilité de ce partenaire (le creusement du canal, les bords de quais, les travaux de terrassement des plateformes…) du développement des zones logistiques qui ne sera plus de son ressort. C’est ce que Jean-Louis Borloo a décidé en juillet 2008. Reste à déterminer le financeur de la totalité de l’investissement des plateformes. VNF, les collectivités départementales, la Région et les ports maritimes devraient vraisemblablement faire partie du tour de table Les ports maritimes concernés seraient Rouen, Le Havre, Dunkerque et le port de Paris..

LM : Les ports maritimes français sont inquiets au sujet d’une éventuelle « aspiration » du trafic généré par le canal Seine-Nord Europe par les ports du nord de l’Europe. Qu’en est-il ?

T. D. : Les ports du nord de la France sont en train d’intégrer l’importance stratégique du canal Seine-Nord Europe, notamment depuis la nouvelle loi sur les grands ports maritimes. VNF est désormais représenté au conseil de surveillance des ports de Rouen, du Havre et de Dunkerque. C’est un évènement récent qui me paraît extrêmement intéressant, dans la mesure où l’on discute des aménagements stratégiques avec une vision globale.

De la même façon, je pense que l’on doit associer les ports maritimes au développement des plateformes logistiques implantées le long de Seine-Nord Europe avec VNF et les collectivités territoriales.

LM : Comment les régions limitrophes comme les Flandres et la Wallonie sont-elles associées au projet ?

T. D. : Le canal Seine-Nord Europe fait partie intégrante de la liaison Seine-Escaut qui raccorde Compiègne à Gand en Belgique. La notification du financement de la Commission européenne publiée le 15 décembre 2008 a ouvert pour la première fois le champ d’une large coopération dans le domaine fluvial entre partenaires de cette nouvelle liaison. Le projet prévoit un programme de travail commun, notamment pour les travaux de mise au gabarit ou de relèvement des ponts.

Nous nous sommes également mis d’accord sur un système de péage commun à la France, la Wallonie et la Flandre. Il ne nous reste plus qu’à mettre en place une convention intergouvernementale ainsi qu’un groupement d’intérêt économique européen qui proposera le futur système de péage et qui détaillera les péréquations entre les trois parties pour le financement de la liaison. En outre, il devra suivre les travaux jusqu’en 2015 et instaurera le système de péage.

LM : Selon vous, quels seront les avantages générés par ce futur canal ?

T. D. : Avec la mise en place du canal Seine-Nord Europe, nous allons moderniser et tirer vers le haut l’ensemble du système actuel de navigation, avec de véritables répercussions sur les entreprises de transport fluvial comme la mise en place de prêts à l’installation de nouveaux artisans bateliers ou encore la mise en chantier de nouvelles barges. Le canal sera un véritable accélérateur de projets, que ce soit par exemple pour les transferts d’informations entre les bateliers et VNF ou pour la gestion de l’arrivée des barges dans les ports.

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