«Le budget est stable», assure Hervé Gaymard
«Il n’y a rien de plus menteur qu’un budget. On peut faire dire aux chiffres de ce que l’on veut». Que penser d’une telle phrase prononcée mercredi soir par Hervé Gaymard, lui-même ancien secrétaire d’Etat au budget et futur ministre des Finances, si l’on en croit la rumeur? Réponse : qu’il a raison !
Le projet de loi de finances initial (PLFI) 2005 pour l’agriculture est bien là pour le prouver. Comparativement au PLFI 2004, l’enveloppe allouée à l’agriculture serait en baisse de 1,8% à 4,89 Mds Eur. Mais si l’on prend en compte le report d’une somme de 90 millions d’euros non utilisée en 2004, le budget serait finalement stable, d’après Hervé Gaymard. L’an dernier, on se souvient que c’est la sortie du financement de l’équarrissage qui avait permis au même ministre d’invoquer la stabilité de son budget. Cette année, l’enveloppe de 90 M Eur est utilisé pour financer quatre nouveaux chantiers prioritaires. Hervé Gaymard prévoit pour 2005 le lancement de l’assurance récolte. Ce programme doit encore être négocié avec la profession agricole et les sociétés d’assurance, mais une enveloppe de 10 M Eur lui est déjà accordée.
55 millions d’euros pour les bâtiments d’élevage
La deuxième nouveauté du budget 2005 porte sur la création d’un fonds unique (les DDA) consacré à la rénovation de bâtiments d’élevage «pour mieux maîtriser les pollutions agricoles». De plus les crédits affectés à la mise aux normes (hors PMPOA) passent de 30 à 61 M Eur (dont 6 provenant de Bruxelles). Ce fonds s’élèvera à 120 M Eur en 2007 grâce au cofinancement de l’UE.
La troisième priorité concerne le domaine phytosanitaire. «Nous conduisons un travail interministériel pour créer une agence qui traite de ces questions», a rappelé M.Gaymard. En attendant, le ministre consacre 15,2 M Eur (soit une augmentation de 7% sur 2004) à l’amélioration de la qualité des productions végétales. Au sein de cette enveloppe, 3 M Eur seront consacrés à «vérifier que les expérimentations de cultures OGM n’ont pas d’effets imprévus sur l’environnement dans lequel elles sont conduites».
Enfin le dernier dossier prioritaire touche l’enseignement supérieur et la recherche agricole qui voient leurs crédits progresser de 5% (à 228 millions d’euros).
En dehors de ces nouveaux chantiers, la mise en œuvre de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) bouleverse la présentation des crédits et rend très difficile la comparaison du budget avec celui de l’an passé. Ce qui apparaît quand même clairement c’est la réduction importante des crédits accordés aux administrations et aux offices. En 2005, 200 agents du ministère partant à la retraite ne seront pas remplacés. Pour les offices agricoles, dont la nomination des chefs de pôles interviendra dans les semaines qui viennent, les crédits reculent de 6%, passant de 386 à 362 millions d’euros. La coupe est encore plus sévère pour l’Office interprofessionnel des produits de la mer (Ofimer) qui voit son budget passer de 10 à 8,5 millions d’euros. Enfin, on peut noter une baisse de 1,2% des crédits alloués au service des nouvelles des marchés (SNM) «rendant encore plus impérieuse la nécessité de normaliser les procédures d’enquête», souligne le ministère.