Le 23
salon des Vins de Loire se prépare sur fond de pénurie
salon des Vins de Loire se prépare sur fond de pénurie
Le vignoble de la Loire (le plus long de France puisqu'il suit le cours du fleuve du centre de la France jusqu'à son estuaire à St Nazaire) n'aura pas été autant sinistré en 2008 par les conditions météorologiques qu'il le fut en 1991, mais certaines des 5 régions qui le composent auront été néanmoins durement frappées. C'est le cas, comme l'a rappelé Pierre Aguilas, président du Salon des vins de Loire présentant la prochaine et 23 e édition de ce salon, de la région nantaise (Muscadet et Gros Plan) où les rendements sont tombés dans nombre d'exploitations, à 20, voire 15 hectolitres à l'hectare, contre une moyenne habituelle de l'ordre de 50 hectos. A l'autre extrémité du vignoble, le Sancerrois non plus n'aura pas été épargné et Catherine Mellot, présidente des Vignobles Joseph Mellot, estime à 20 % environ, les pertes subies par ce vignoble.
Cette faible récolte va poser des problèmes de dosages commerciaux pointus pour répondre au mieux à la demande de la clientèle habituelle, domestique et à l'exportation sans renoncer à la conquête de nouveaux débouchés. Il va falloir à la filière faire des choix judicieux, surtout pour les blancs, qui représentent 45% des vins de Loire et qui avaient déjà connu une année 2007 de faibles disponibilités en raison de la petite récolte de Muscadet et de la modicité des stocks. Comme l'exprime Claire Duchêne, directrice d'Interloire, il faudra rationaliser les disponibilités pour éviter de perdre des parts de marchés et, en particulier pour les blancs, aller chercher des parts de marché dans les pays nouvellement consommateurs (Russie, Chine) et maintenir les efforts sur les pays émergents, tels les Etats-Unis. Gageure d'autant plus difficile que la demande en blancs de Loire est croissante : + 27 % pour le Quincy, + 15 % en Touraine.
En ce qui concerne les vins rouges, le bilan de la dernière campagne s'est révélé stable. Cette catégorie représente 22 % de la production des vins de Loire. Elle a été moins affectée que les blancs par les accidents climatiques. La demande en rosés ne cesse de croître et le marché des « fines bulles » est en progression pour la 5 e année consécutive. Bref, le marché des vins de Loire se porte bien, y compris à l'exportation (+ 5 % en volume et + 3 % en valeur pour les 6 premiers mois de l'année), l'obstacle majeur étant une fois de plus cette année, la faiblesse des disponibilités.
En revanche, la qualité sera là, a affirmé Pierre Aguilas, soulignant le travail effectué par la viticulture au cours de ces dernières décennies pour compenser les éventuelles dérives de la nature.
Garder, coûte que coûte, le contact
C'est dans ces conditions de relative pénurie que va se tenir les 2, 3 et 4 février 2009, ce 23 e Salon des Vins de Loire, auquel devraient participer quelque 600 exposants qui y attendent plus de 9 000 visiteurs, strictement des professionnels, grande distribution, négociants, cavistes, restauration. Les acheteurs étrangers s'annoncent de plus en plus nombreux Belges en tête, suivis par les Anglais, le continent Nord-Américain. Les uns et les autres retrouveront les animations, les services, qui accompagnent traditionnellement ce salon devenu la plus importante vitrine d'une production viticole régionalement déterminée. Parmi les aménagements apportés à la précédente édition, les organisateurs du salon ont prévus le doublement des conventions d'affaires permettant les rencontres directes et ciblées entre acheteurs et vendeurs. Ce qui renforce encore celles réalisées au fil du parcours des allées. Quelle que soit la restriction conjoncturelle de l'offre, l'objectif, comme l'a souligné la directrice d'Interloire, c'est de garder le contact.