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Lapin : un rééquilibrage du marché délicat

L’année 2008 a commencé sous le même signe que l’année 2007 : avec des abattages contrôlés en hausse. Les abattoirs font alors pression pour réduire la production. La conjoncture actuelle semble toutefois en voie d’amélioration.

C’est plus ou moins dans la continuité de l’année 2007 que s’annonçait l’année 2008. D’après Agreste, avec 3 659 têtes abattues sur le mois de janvier, l’évolution était déjà à une progression de 1,7 % par rapport au même mois de 2007. En tonnage, la progression se portait à +2,5 %. Rien de bien rassurant pour les professionnels de la filière qui ont eu une année 2007 plus que difficile...

Les opérateurs se sont donc inquiété dès le début de l’année. Une appréhension qui s’explique par l’année extrêmement délicate que la filière du lapin vient de traverser. En effet, d’après l’Institut de l’élevage la production s’est accrue en 2007 de 1,5 % par rapport à 2006 et la demande interne, très faible, n’a pas pu absorber l’excédent de la balance commerciale due aux difficultés d’échange avec l’extérieur. Le problème s’est également manifesté à travers une hausse du coût de production (+38,2 % du coût d’alimentation) qui a pris en étau les différents opérateurs avec aucune répercussion en aval (-3,05 % du prix du vif et - 0,2 % du prix à la consommation).

On peut ainsi comprendre l’inquiétude des professionnels de la filière quand les abattages contrôlés augmentent dès janvier cette année, alors que la consommation est en forte baisse depuis des mois et n’est pas prête de progresser. L’été n’est effectivement pas propice à la consommation et la rentrée scolaire de septembre ne s’annonce mieux.

Baisse de la production : risque ou solution?

De ce fait, les grands abattoirs feraient pression pour une réduction de la production avec, dès à présents, un approvisionnement prévu réduit de 8 % des semaines 12 à 17 de 2008 par rapport à celles de 2007. Une réduction d’ailleurs accrue par la suite avec -12 % jusqu’à la semaine 35 de cette année.

On peut toutefois se demander si ces mesures, bien que justifiées, ne sont pas un peu prématurées et ne pourraient pas engendrer l’effet inverse que celui souhaité.

L’année 2007 a effectivement été plus difficile car le cours du lapin vif n’a augmenté que de 1,8 % fin mars, cette progression étant

coutumière à cette période. De plus cette année, la fin du mois de mars a été cumulée aux fêtes de Pâques. Le cours du lapin vif a ainsi progressé de 8 % à la même période conjoncturelle.

En sortie grossiste, la différence est encore plus marquée avec, selon le SNM de Rungis, une progression de plus de 33 % cette année contre un recul de 8,7 % en 2007 à la même période.

L’amélioration est indéniable. Elle est même indispensable pour l’amont de la filière, sachant que, d’après l’Itavi, l’indice du coût des matières premières entrant dans l’aliment lapin, était en hausse de 54 % en février 2008 par rapport à février 2007.

Toutefois, la concurrence n’apparaît pas inquiétante. En terme de production, la viande de porc augmente également, devenant moins menacante. De plus, les prix espagnols ont également été orientés à la hausse ces dernières semaines. Ils se rapprochent ainsi fortement des tarifs que nous pratiquons et deviennent bien moins compétitifs. On peut alors se demander si une baisse des abattages contrôlés est réellement nécessaire. La question se pose d’autant plus que si l’offre est trop limitée d’ici le mois de septembre, il est fort possible que les tarifs augmentent et découragent les consommateurs...

Rédaction Réussir

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