Aller au contenu principal

Lait : vers un horizon plus industriel ?

Restaurateurs et industriels sont de plus en plus demandeurs de produits laitiers. Un marché alternatif qui répond à l’érosion des ventes de produits de grande consommation.

La consommation française de produits laitiers, stable depuis plus d'une dizaine d'années, est la plus forte d'Europe, oscillant autour de 400 kg d'équivalent lait par personne et par an. En observant ce chiffre de plus près, on peut s'apercevoir de l'impact non négligeable des industries. Les chiffres du Cniel traduisent en effet la montée d’une véritable progression de la demande des industries et de la RHF, qui permet de compenser la décrue continue des produits de grande consommation (PGC) vendus dans les circuits de distribution.

D'après le Centre national interprofessionnel de l'économie laitière, les 400 kg/an/habitant se décomposaient, en 1991, entre 250 kg de PGC et 150 kg de débouchés RHF + IAA. L'année dernière, cette répartition n'était plus que 220/180 (55 % de PGC, 14 % à la RHF et 31 % pour les IAA). « Ce créneau se développe et récupère des parts de marchés aux GMS, car la part des produits transformés augmente. De plus, il y a une montée en puissance de l'ingrédient et de la cuisine d'assemblage, dans l'industrie comme à la maison. Au lieu de faire une pâte à tarte avec des œufs et du lait, on achète directement le fond de tarte», commente Mona Harari, du Cniel.

Pour les producteurs, cette orientation n'est pas une révolution, mais elle permet de maintenir les débouchés, dans un marché déprimé pour le lait de consommation ou le beurre. Cette opportunité n'est pas à négliger, avec un secteur des PGC qui s'érode petit à petit. Pour certains, l'apogée de la consommation vit peut-être ses derniers moments.

L'ultra frais, locomotive du secteur depuis plusieurs années, montre de sérieux signes d'essoufflement (la consommation a stagné en 2004, une tendance confirmée par les données disponibles en 2005). Quant au secteur crémerie, bien qu’il soit le deuxième poste d'achat alimentaire derrière l'épicerie, (18 % du panier moyen), il a chuté de 0,3 % au deuxième trimestre 2005. « 2004 a déjà été une année de seuil, avec pour la première fois une diminution des dépenses pour les produits laitiers, due à une moindre valorisation (hausse du hard discount et des MDD) et une consommation à la baisse», juge Mme Harari. De manière générale, le secteur du lait reste cependant optimiste à 5-10 ans, l'augmentation de la population conjuguée au positionnement santé/bien-être des fromages et de l'ultra frais devant permettre des gains structurels de 1 à 2 % par an.

«Ne pas oublier les aspects socioculturels»

Le rôle des facteurs conjoncturels, comme la baisse du pouvoir d'achat, reste une variable d'ajustement, à laquelle s'ajoute l'image même du produit. Car si le lait incorporé dans les plats et préparations reste invisible, celui des PGC est on ne peut plus voyant (et représente encore plus de la moitié des ventes). Lors d'un colloque organisé hier à la Maison du Lait, plusieurs représentants de la filière n'ont pas manqué d'évoquer le rôle ingrat donné au lait par le PNNS (Programme national nutrition santé), qui pourrait contribuer à le diaboliser. « Il y a une place privilégiée pour ces produits dans le PNNS, avec la recommandation d'augmenter la consommation de calcium. Mais s'il y a des avantages, il y a aussi des limites. Le programme parle souvent de matière grasse, et oublie les autres notions comme les aspects socioculturels. Il ne faut pas se baser juste sur l'aspect nutritionnel», déclare Patrice Chaumont, du Cerin. Cet aspect de communication aura son importance sur la consommation, tout comme la proposition de règlement européen sur les allégations nutritionnelles et de santé, actuellement en cours de discussion. Un sujet résolument plus sensible pour les industriels...

Rédaction Réussir

Les plus lus

des poules oranges
Prix des poules pondeuses – Cotation réalisée le 07 mai 2026

La CPP (Cotation poule pondeuse) est publiée dans Les Marchés le lundi reflète les prix de la semaine précédente. La CPR (…

Œufs aux drapeaux ukrainien et turc
Œufs : les importations européennes bondissent de 65 % au premier trimestre, l’Ukraine et la Turquie en profitent

Les importations d’œufs de l’Union européenne ont atteint un record sur le premier trimestre 2026. L’Ukraine a progressé, mais…

batau porte conteneur de dos
Viande bovine : la consommation continue de reculer dans l’UE, mais les importations vont bondir en 2026

La consommation par bilan de viande bovine va continuer son déclin en 2026, selon les prévisions de la Commission européenne.…

conteneur bresilien au port
Viande bovine : les exportations brésiliennes pourraient chuter de 10 % à cause de la Chine

Les droits de douane instaurés par la Chine sur la viande bovine vont bientôt conduire à l’arrêt des exportations du Brésil,…

vue en contre plongée, dans une allée entre des conteneurs sur un port
Viande bovine : chute attendue de 13 % des importations chinoises en 2026

La production mondiale de viande bovine est attendue en légère baisse en 2026. Ce alors que le premier importateur mondial, la…

vaches dans une prairie
Quelles sont les conséquences des mesures pour réduire le cheptel laitier aux Pays-Bas sur le marché du lait européen ?

Les Pays-Bas mettent en place un système d’aides pour réduire les troupeaux laitiers. Si les effets à court-terme seront peu…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio