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Lait : « la restructuration ne va pas assez vite »

Selon deux économistes, Gérard Calbrix, représentant de l'Atla et Vincent Chatellier, ingénieur chercheur à l'Inra de Nantes, la concentration des exploitations laitières doit se renforcer face à la concurrence internationale.

Deux économistes ont esquissé, au cours d'une journée d'information de la marque Guyomarc'h en production laitière, organisée la semaine dernière, le profil du producteur laitier de demain. Plus grand, il pourrait vivre dans une Europe sans quota. Pour Gérard Calbrix, représentant de l'Atla ATLA : Association de la transformation laitière française qui regroupe les industriels privés et coopératifs, la concentration des exploitations doit se renforcer. « Il y a actuellement un écart de coût de collecte de 20 € pour 1 000 litres, soit un rapport de 1 à 3 » en France, a-t-il expliqué.

Confrontés à la réforme de la politique agricole commune (Pac) qui les oblige à réduire leurs coûts de production, les industriels du secteur ont d'ores et déjà engagé une course à la restructuration. En France, ce mouvement a été constaté dans les secteurs du lait liquide et des pâtes pressées cuites. En dépit de l'agrandissement naturel des exploitations laitières, sous le double effet du vieillissement des effectifs agricoles et du manque d'attractivité du métier, les entreprises laitières estiment que le mouvement ne va pas assez vite.

Gérard Calbrix observe, en effet, que les structures françaises, avec 215 000 litres de quotas par exploitation en moyenne, restent loin derrière les Pays-Bas (464 000 litres de moyenne) et du Danemark (632 000 litres). En outre, l'agrandissement des structures n'est pas uniforme selon les bassins de production. Comme l'a relevé Vincent Chatellier, ingénieur chercheur à l'Inra de Nantes, « l'accroissement des quotas varie de 1 à 2 selon les bassins de production ».

Vers un contrat producteur-laiterie

Si demain les exploitations laitières atteignaient 800 000 litres dans l'Ouest, premier bassin de production en France et seulement 140 000 litres dans l'Est, les industriels présenteraient sur le marché des produits n'ayant pas été fabriqués au même prix. La relation du producteur de lait à sa laiterie devrait être profondément modifiée dans les prochaines années, ont souligné les économistes, avec un lien basé sur la contractualisation. Un contrat qui ferait du producteur non plus un apporteur de lait, mais un fournisseur.

Il ne s'agit pas là de politique fiction. Le principe du maintien des quotas laitiers, normalement fixé jusqu'en 2013, doit être discuté dès 2008 entre les 25 Etats membres de l'Union. La France aurait tout à craindre de la position des pays de l’Est et d’Europe centrale et orientale, selon l'analyse de Vincent Chatellier. Les PECO, Pologne en tête, seraient prêts à lui faire payer sa demande de quota supplémentaire alors qu'elle est structurellement en sous-réalisation de quota.

En outre, les mêmes pays reprocheraient à la France son appétit en quota alors que sa consommation annuelle par habitant régresse légèrement à... 395 kilos contre 230 kilos en Pologne, selon M. Chatellier. Si les quotas venaient effectivement à être supprimés, un contrat régenterait les rapports entre production et transformation sur des bases à définir.

Pour Gérard Calbrix, « les transformateurs ne pourront plus collecter tout le lait produit par les producteurs sans limitation ». Il souligne également que ce sont des entreprises puissantes qui défendront le mieux le produit et à fortiori et le prix du lait payé aux éleveurs.

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