L’agroalimentaire souffre en région PACA
Saint Louis, filiale du groupe sucrier allemand Südzucker stoppe le raffinage de sucre de canne à Marseille. La décision a été annoncée à l’occasion d’un comité central d’entreprise le 13 février à Paris. La moitié des 240 emplois va être supprimé et les licenciements devraient intervenir à partir d’octobre 2008. Le site historique du quartier Saint Louis qui avait donné son nom à la marque, ne conservera plus qu’une activité de conditionnement de sucre de betterave, « dans le cadre d’une réorganisation performante » indique un communiqué du groupe. Les modalités de licenciements devraient être discutées courant mars, sachant comme l’a précisé Christophe Huguet, directeur du site marseillais, qu’il n’y aurait « aucun licenciement sec. »
La direction explique cette décision par la modification du règlement européen sur le sucre qui doit aboutir à la disparition d’un tiers des quotas et à une baisse de prix de l’ordre de 40 %. Toujours selon la direction « le raffinage devient une activité structurellement déficitaire du fait de l’impossibilité de raffiner à moindre coût en sucrerie de betterave. » Le site de Marseille traitait jusqu’à maintenant 150 000 tonnes/an. Celà étant, l’arrêt de la raffinerie de canne à sucre Saint Louis (qui pourrait être délocalisée en Bosnie) est un épisode de plus dans le repli de l’industrie agroalimentaire en Provence.
Selon l’Insee, ce secteur a perdu entre 1990 et 2005, 3,8 % de ses effectifs alors qu’il a progressé d’autant au niveau national. La fermeture de Lustucru à Arles et Marseille, le départ de Nestlé, l’agitation sociale chez Panzani, Le Cabanon, Kerry Aptunion, la mobilisation chez Fralib qui conditionne les sachets de thé Lipton et L’Éléphant sont autant de questions posées sur l’avenir de l’agroalimentaire en Provence. Certains y voient manque de compétitivité, un manque d’investissements, d’ouvertures sur les marchés ou encore un manque d’adaptation aux nouvelles habitudes alimentaires.
En revanche, il semble que les PME (elles sont plus de 5 000 en Provence à employer de 0 à 9 personnes soit 91 % du secteur) sont plus réactives mais handicapées par leur petite taille face aux GMS. Structurellement, le secteur agroalimentaire en Paca compte 28 304 salariés (572 121 pour la France entière) dont 21 % employés à temps partiel (16,2 %) et 39,9 % de personnel féminin (41,6 %). Seulement 7,5 % des entreprises (419 unités) emploient entre 10 et 49 salariés, 1,3 % (71 unités) entre 50 et 499 salariés et aucune 500 et plus.