L’agroalimentaire fait front commun contre la distribution
Un mois après une « période de négociations épouvantables », selon les termes de Jean-René Buisson, président de l’Ania, cinq fédérations de la filière agroalimentaires ont réuni la presse hier pour dénoncer « les pratiques abusives de distributeurs qui perdurent depuis de nombreuses années et qui sont exacerbées par un contexte de crise économique ». FNSEA, Coop de France, Ania, Ilec et CGAD ont pris la parole en commun pour demander au gouvernement de faire respecter l’esprit de la LME. Dans le cadre du projet de loi Hamon sur la consommation, les cinq organisations veulent que soient précisés trois points juridiques : la primauté des CGV « en interdisant une remise en question de leur date d’entrée en vigueur », « entériner le principe d’une négociation fondée sur des contreparties quantifiables, proportionnées et effectives » et « sanctionner le fait de passer les commandes à un prix différent du prix convenu », selon leur communiqué commun. Si ces éléments n’étaient pas pris en compte dans la loi, « nous sommes déterminés à repartir sur d’autres formes de remise en cause, cette fois-ci de la loi, même si nous ne le voulons pas », a prévenu Jean-René Buisson, pointant les réticences de Bercy, malgré l’engagement du Premier ministre et de l’Elysée. Xavier Beulin, président de la FNSEA, a pour sa part milité pour « donner un caractère législatif » à l’accord du 3 mai 2011, qui devrait, selon lui, être étendu aux produits laitiers.