L’agriculture raisonnée attend toujours son heure
Appuyé par le Crédit Agricole, le Gnis, InVivo et le réseau biodiversité pour les abeilles, Farre a distribué mardi sachets de graines et pots de miel sur l’esplanade de la Défense pour sensibiliser le grand public à la biodiversité. En parallèle à cette action, le Forum de l’agriculture raisonnée cherche à convaincre les agriculteurs, une tâche délicate si l’on constate la faible évolution des exploitations qualifiées. Les dernières données font état de 2 156 exploitations qualifiées, contre 1 992 fin 2006. « Sur les chiffres, nous sommes un peu déçus. Nous pensons que si les discours officiels poussaient un peu l’AR, cela nous aiderait. Car une fois que les agriculteurs ont la certification, ils en sont fiers » a déclaré aux Marchés Bernard Guidez (lire ci-dessous).
Le président de Farre s’est toutefois montré optimiste après sa rencontre, la semaine dernière, avec le conseiller de Nicolas Sarkozy pour l’Agriculture Christophe Malvezin. M. Malvezin a rassuré par sa connaissance du dossier. De quoi contenter M. Guidez qui se sentait de plus encouragé par « une ministre de l’Agriculture qui a posé les enjeux de développement durable comme des enjeux de société et non pas comme un enjeu agricole ».
Le décret se fait attendre
Le remaniement opéré mardi dernier va cependant ralentir les dossiers, un contretemps auquel est habitué Farre. En janvier, Dominique Bussereau avait annoncé une initiative pour valoriser le qualificatif « AR » et le faire connaître auprès des consommateurs, laissant entrevoir la parution d’un décret qui, à ce jour, se fait toujours attendre.
Le dernier texte relatif aux conditions d'utilisation de ce qualificatif date de mars 2004, mais « il existe une fenêtre de tir avec le Grenelle de l’environnement » prévu avant la mi-octobre a estimé M. Guidez. « Le bio a sa place, tandis que le mode de production intensif/excessif fait partie du passé. Il existe un créneau pour nous » assure le promoteur de l’AR, qui aura à cœur de s’immiscer dans les dossiers de lutte contre le changement climatique, de sauvegarde de la biodiversité ou encore de prévention des effets des pollutions qui seront débattus à la rentrée.