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L'ABEA a traduit le règlement Inco pour ses industriels

Pour faciliter la mise en œuvre du règlement Inco relatif à l'étiquetage nutritionnel, l'Association bretonne des entreprises alimentaires vient d'éditer un guide pratique.

Le règlement Inco relatif à l'information du consommateur sur les denrées alimentaires commercialisées dans l'Union européenne – valeur énergétique et taux de six nutriments (lipides, acides gras saturés, glucides, sucres, protéines, sels) voire plus exprimés pour 100 grammes ou 100 millilitres – a fait l'objet d'une application en deux temps. Au 13 décembre 2014 pour ceux qui donnaient déjà des informations nutritionnelles ; au 13 décembre 2016 pour les autres.

C'est pour les opérateurs prochainement confrontés à cette obligation nutritionnelle que l'Association bretonne des entreprises alimentaires (ABEA) a effectué un travail de décorticage du document de référence de la Commission européenne, guide qui fixe les tolérances pour les valeurs nutritionnelles déclarées sur les étiquettes. Les Autorités de contrôle européennes y font systématiquement référence, bien qu'il n'ait pas de valeur juridique.

« Pragmatique et pédagogique »

Intitulé « Clés de l'ABEA pour comprendre les arrondis et les tolérances de l'étiquetage nutritionnel », le document breton a pour but de permettre aux opérateurs de « vérifier la conformité d'une valeur de contrôle à la valeur étiquetée », est-il écrit dans son préambule. Aussi le document de l'ABEA se veut-il « pragmatique et pédagogique », souligne Léa Clé-don, chargée de mission. L'association patronale et les responsables qualité de plusieurs entreprises adhérentes (Hénaff, Triskalia, Triballat Noyal, etc.) ont multiplié les réunions de travail pendant un an pour établir un document didactique et applicable directement dans les entreprises. Résultat : un guide d'une trentaine de pages qui fait la part belle aux exemples de méthodes de calcul des valeurs nutritionnelles.

Diffusé aux autres Aria de France

Aria de France Un arbre décisionnel ou logigramme permet à l'opérateur de se diriger dans le document, selon le cas du nutriment concerné dans son produit. Le guide fourmille d'exemples pour permettre à tous les industriels

concernés de se diriger, même ceux ne disposant pas de service qualité. « Dans le cas où la teneur du nutriment allégué est précisée dans l'allégation, comme un produit riche en fibres avec 12 grammes de fibres pour 100 grammes de produit, le guide précise la façon de calculer l'information nutritionnelle pour se situer dans la zone tolérée par l'Autorité de contrôle », poursuit Léa Clédon. Le guide va faire l'objet d'une distribution prioritaire auprès des adhérents de l'ABEA, soit 192 entreprises et sites agroalimentaires bretons représentant 64 % des entreprises de plus de vingt salariés. Il sera ensuite diffusé aux autres associations régionales de l'agroalimentaire en France. Franck Jourdain

L'ÉTIQUETAGE NUTRITIONNEL CHEZ HÉNAFF

Chez le conserveur Hénaff (Pouldreuzic, Finistère), leader national du pâté en boîte, l'étiquetage nutritionnel a été réalisé dès la fin 2014 pour tous les produits frais et appertisés. Les opérateurs du service qualité se sont parfois tiré les cheveux pour arriver à une information nutritionnelle conforme aux objectifs européens. « Si nous avions eu le guide de l'ABEA, nul doute que le travail aurait été plus facile », lance Philippe Chancerelle. Ce responsable en recherche et déve-loppement a été partie prenante du travail de « décorticage » du guide effectué par l'ABEA (Association bretonne des entreprises alimentaires), avec huit entreprises. « Le guide est important pour les produits élaborés pour lesquels les règles de tolérance et arrondis sont complexes », dit-il. Depuis 2014, son entreprise n'a pas été contrôlée, « sans doute les autorités attendent-elles la fin 2016 pour venir vérifier la conformité de l'étiquetage nutritionnel », ajoute-t-il.

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