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La Réunion, cap sur la qualité et l'origine

 Après le Rhum de la Martinique (AOC) et la crevette d'élevage de Madagascar Label Rouge, c'est au tour de La Réunion de partir vers les signes de qualité et d'origine. La vanille et l’ananas attendent leur label rouge.

Avec une production de fruits et légumes qui a diminué de près de 50% depuis 1997, La Réunion se tourne vers la valorisation des spécificités et l'origine. Un organisme certificateur, Octroi, (Organisme Certificateur Tropiques Réunion Océan Indien) est en cours de création.

La demande d'accréditation a été déposée au début de l'année et les agréments sont attendus. « A priori, Octroi devrait être opérationnel d'ici la rentrée prochaine, au plus tard à la fin de l'année», se réjouit Pierre Creyssel, conseiller dans le montage des dossiers. Déjà pratiquement prêts, deux dossiers attendent : la vanille de la Réunion et l'ananas de la Réunion, tous deux en Label Rouge. « Aujourd'hui, nous sommes assaillis d'ananas qui viennent d'Afrique et qui portent l'estampille «Réunion». Ils sont moins chers et de qualité moindre. Notre ananas est plus petit, plus sucré, plus aromatisé et typique de la région. C'est pourquoi nous demandons une IGP sur ce produit. Les producteurs attendent beaucoup du Label en termes de reconnaissance et de plus value», déclare Karl Mascarel, président du syndicat de l'ananas de la Réunion.

Dès que le dossier aura reçu la validation des analyses sensorielles, il sera présenté. Autre produit dans les starting-blocks, la vanille de l'île de La Réunion pour laquelle la production labellisée sera de 15 tonnes environ. Doivent suivre dans la foulée un dossier sur les mangues (70 tonnes concernées), les litchis, présentés en branches et sous vide pour une production de 400 tonnes, soit 10% de la production de l'île, les volailles et le porc.

Quant à la lentille de Silaos, inscrite au patrimoine de l'île depuis 1850, les producteurs s'interrogent sur le signe officiel qui sera choisi. Récoltées à la main, la zone se limite aux 75 ha du Cirque de Silaos pour une production d'une cinquantaine de tonnes et sa grande typicité liée au terroir pourrait la mener vers une AOC.

Enfin, une réflexion est en cours sur deux poissons tropicaux d'élevage, l'Ombrine et le Vivanneau.

Innovation dans le Label Rouge

Deux autres grands produits typiques de La Réunion pourraient voir le jour en Label Rouge : le rhum et le sucre. Jusqu'à présent, en dehors du cidre et des bières (feu label régional), aucun produit alcoolisé n'avait sollicité le Label. « Sauf si l'on me démontre le contraire, un produit alcoolisé de type cocktail rentre dans le champs du Label Rouge. Il est issu d'une recette avec des fruits ou des épices, c'est un produit incomparable, estime M. Creyssel. Je suis aussi persuadé que le sucre très spécifique à La Réunion et les épices ont un avenir dans le Label.» Le rhum Charrette représente 95% de la production totale, il est un des produits phare de l'île.

Octroi, comme son nom l'indique, pourrait devenir dans l'avenir l'organisme de contrôle officiel de la Commission de l'Océan Indien au sein de laquelle figurent les Comores, La Réunion, Les Seychelles, Madagascar et Maurice. Toutes ces îles présentent des savoir-faire et des produits, alimentaires ou non, qui rentrent dans le cadre de la protection des terroirs, des noms géographiques et du développement durable. « Nous pourrions très vite inclure toutes ces préoccupations au sein de la Commission», conclut Robert Boitat, directeur d'Octroi.

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