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La Provence derrière son rosé

Les organisations professionnelles viticoles de Provence s’organisent pour contrer le projet européen visant à permettre le mélange de blancs et rouges pour obtenir un vin de couleur rosé. Une pétition est lancée.

Rarement tel consensus aura été atteint. C’est toute la Provence qui se regroupe pour la défense de son rosé. La réunion organisée lundi 11 mai par le conseil régional de Paca en a fait la démonstration, en réunissant de très nombreux professionnels et des politiques de tous bords. « Le projet d’autorisation de coupage constitue une forme de mépris à l’égard de tous ceux qui ont réalisé tant d’efforts pour promouvoir un produit régional et spécifique, a déclaré en préambule Michel Vauzelle, président de la Région. Son adoption porterait un coup rude à la filière et à l’ensemble de l’agriculture régionale et sèmera le doute dans l’esprit de tous. »

Une pétition est lancée

Après un vaste tour de table, une idée a été lancée : celle d’une pétition institutionnelle La pétition est consultable sur « coupernestpasrose.com ». Plus de 25 000 signatures ont déjà été réunies.. Ce mécanisme prévu par la Constitution européenne offre aux citoyens la possibilité de participer à l’initiative législative. La pétition est transmise à la commission des pétitions du Parlement européen qui examine sa recevabilité avant de déclencher une enquête.

« Le bureau international de l’Association des régions viticoles européennes s’est prononcé à l’unanimité pour le rejet de cette possibilité de coupage, a indiqué Jean Paul Angers, représentant de l’Arev (Assemblée des régions européennes viticoles). C’est la porte ouverte à l’agro-industrie du vin ». André Pinatel, président de la chambre régionale d’agriculture de Paca, n’hésite pas quant à lui à dénoncer « l’arrivée sur le marché d’une mixture. C’est le concept du rosé qu’il faut défendre en sortant d’une simple défense catégorielle ». François Millot, directeur du Comité interprofessionnel des vins de Provence, voit pour sa part un autre danger à ce projet européen : « Le coupage est un moyen d’attaquer le marché en fabriquant du rosé à n’importe quel moment de l’année. » Alors la riposte s’organise : « Le 19 juin, jour du vote de la proposition de loi, lance Éric Paul, vice-président la Confédération française viticole, nous devrons dégager une minorité de blocage. Le 26 mai, nous tiendrons une conférence de presse avec nos homologues européens hostiles à ce projet en essayant de rallier les Allemands et le Portugal. » Cependant, au sein même de la profession, des voix s’élèvent afin de parvenir à donner une définition claire au rosé, qui n’en possède toujours pas.

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