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La musique des chiffres

On sait que deux chercheurs français de l’Inserm (Virginie Supervie et Dominique Costagliola) ont publié récemment dans la revue Veterinary Research un article qui a fait quelque bruit, sur le fait qu’environ 300 000 cas d’ESB (on donne même le chiffre très précis de 301 200) auraient pu passer inaperçus en France depuis le début de l’épidémie en 1980. Pour conclure que le système de détection français comportait des lacunes très graves. C’est du moins en ces termes que la presse a rapporté la publication, car les chercheurs ont bien mentionné que la fourchette statistique de cette estimation se situait entre 27 600 et 837 600.

Or à partir de cette fourchette, on peut parvenir à des conclusions diverses, qui ne corroborent pas les inquiétudes exprimées. Un correspondant de la liste ESB, un forum internet créé par l’Inra consacré aux informations sur la maladie, a formulé un raisonnement sur les chiffres qui conclue même que le système français fonctionne, avec les imperfections certes mais de façon globalement satisfaisante.

Résumons :

- dans la fourchette 27 600-837 600 animaux, on peut admettre que 2 à 5 % sont morts d’accident ou de maladie avant l’âge de 2 ans. Et 50 % de ces animaux ont été abattus avant 2 ans donc forcement non-diagnosticables (même avec les derniers tests actuellement validés) ;

- la fourchette se rétrécit donc de 13 110 à 410 424 ;

Parmi ces animaux de plus de 2 ans, 2 à 5 % sont morts (d’une autre maladie ou suite à un accident) avant que tout signe clinique ne soit présent et que même les tests actuels ne permettaient de les détecter. Parmi les « rescapés » un pourcentage important (50 à 80 %) a été abattu avant que tout signe clinique ne soit présent et que même les tests actuels ne permettaient de les détecter (âge moyen des cas français lors de la détection : 6,7 ans, tous réseaux confondus)

- la fourchette se rétrécit donc une nouvelle fois entre 2 491 et 201 108. Lorsque les 3 réseaux de surveillance fonctionnent ensemble (comme depuis juillet 2001), le réseau clinique ne permet de détecter que 16 % des animaux détectables avec les meilleurs tests connus. Seul le réseau d’épidémio-surveillance clinique existait au plus fort de l’épidémie, dans les années 80-90.

- ne restent donc plus que 399 à 32 177 des « 301 200 contaminés » qui auraient pu être détectés.

Or 932 cas, cohortes compris, l’ont été à ce jour. On se situe donc dans la fourchette, certes dans le bas, mais avec des valeurs significatives. Comme quoi on peut faire tout dire aux chiffres. Mais ça, on le savait déjà.

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