La FNSEA relance le débat sur l’organisation
Comment passer d’une organisation économique subie à une organisation économique choisie : tel est l’un des principaux thèmes du rapport d’orientation de la FNSEA présenté hier par son vice-président Xavier Beulin lors d’une présentation des enjeux du congrès du syndicat, qui se déroulera à Nantes du 1 er au 3 avril. Les agriculteurs y dénoncent un « déséquilibre criant des forces en présence » dans les filières alimentaires. Quelques chiffres en apportent l’illustration. Cinq centrales d’achat se partagent plus de 85 % de la mise en marché. En face, il y a 570 000 exploitations agricoles et 10 000 entreprises. La FNSEA veut relancer le débat sur la place du producteur au sein des filières et la répartition de la valeur ajoutée. « Les agriculteurs sont prêts à assumer leurs responsabilités pour que l’organisation des filières joue un rôle majeur dans une régulation modernisée et rénovée. Il s’agit de passer d’une organisation trop souvent subie à une organisation choisie qui emporte l’adhésion de chacun et justifie l’accompagnement de l’État », peut-on lire.
Un bilan en demi-teinte
Xavier Beulin a dressé un bilan en demi-teinte du schéma actuel, composé de 812 organisations de producteurs, 3 200 coopératives, 61 interprofessions. « L’atomisation des structures de mise en marché et de transformation reste trop forte face à la concentration de la grande distribution », a-t-il souligné. Certes, les restructurations des coops progressent, mais trop lentement. Les filières n’ont pas assez de champions sur la scène européenne et internationale. Quant aux interprofessions, elles restent bien souvent impuissantes à empêcher la survenance de plus en plus fréquente des crises.
Pour reconquérir de la valeur ajoutée, la FNSEA propose d’améliorer l’efficacité des OP. Celles-ci doivent s’interroger sur leur taille critique et sur l’efficacité de leurs moyens commerciaux. Les coop sont présentées comme un « levier privilégié de l’action économique ». Autre piste, l’établissement de convergences d’intérêt entre agriculteurs et IAA. Le syndicat est enfin favorable au développement d’une « contractualisation équitable ».