La FNSEA appelle à plus d’organisation
Bourré de propositions « novatrices » susceptibles d’inspirer la future loi d’orientation agricole, le rapport d’orientation qui sera débattu mercredi au 59e Congrès de la FNSEA « bouscule un peu», admet le président Jean-Michel Lemétayer. Un « fonds agricole » à l’image «du fonds de commerce», une « TVA sociale» appliquée aux importations, des formes d’assurances revenu et un mode de fiscalité capable d’apporter des capitaux n’en sont qu’un échantillon. Ce rapport intitulé « pour des entreprises au service des hommes» traite aussi largement d’organisation économique, sans ménager les habitudes de pensée des producteurs. Ainsi, il faut « s’inscrire d’abord dans la commercialisation avant d’entrer dans l’acte de production», rapporte Jean-Bernard Bayard, le secrétaire général adjoint qui fera la présentation du rapport aux congressistes venus au Mans (Sarthe). Le contexte change : la disparition des OCM est programmée ; un moindre encadrement incitera les producteurs à basculer d’une production à l’autre ; les consommateurs ne paient pas forcément ce que les citoyens demandent. Les interprofessions sont présentées comme « la principale réponse des producteurs face à l’affaiblissement des politiques publiques ». Le rapport propose de les renforcer dans leur aptitude à conclure des accords interprofessionnels, dans leur fondement juridique et de les élargir au niveau européen. Puisque les interprofessions ne peuvent organiser des marchés, le rapport propose de regrouper les producteurs, organisations et entreprises d’un même segment de marché en « comités économiques de filières ». Puisqu’elles ne peuvent non plus négocier la vente au nom des producteurs, que la propriété des marchandises soit transférée à un organisme autorisé. Pour faire face aux centrales d’achat de la grande distribution, les auteurs du rapport ne voient que des « centrales de vente». Une idée hardie qui invite à « surmonter cette montagne de petites habitudes et de grandes rivalités qui caractérisent trop souvent l’organisation de notre profession ». Ce congrès électif devrait voir le renouvellement d’un tiers des administrateurs du Conseil d’administration, lequel renouvellera un tiers du bureau.