La filière betterave tire le bilan de l’après-réforme sucrière
Réunie en congrès aujourd’hui, la Confédération Générale des planteurs de Betteraves (CGB) a dressé, vendredi, un bilan de la situation de la filière betteravière trois ans après la réforme du Règlement Sucre. Malgré un abandon de quota de 10 % en France, la filière a réussi à maintenir un niveau quasiment stable des volumes de production qui ont atteint 29,5 Mt, dont 20 Mt de quotas pour le sucre alimentaire, 3 M pour l’alcool, 4,5 M pour l’éthanol et 2 M pour les usages non alimentaire et industrie chimique. Et les perspectives 2009 sont positives puisque la production devrait atteindre 30 à 31 Mt. « Le développement de l’éthanol et du sucre industriel ainsi que les quotas additionnels de 300 000 tonnes ont permis de préserver un potentiel betteravier en France. En revanche, le revenu a diminué de 20 % depuis trois ans. L’augmentation des DPU n’a compensé qu’à 64 % cette baisse de revenu », explique Alain Jeanroy, directeur général de la CGB.
L’UE déficitaire en sucre
Le prix garanti de la betterave est passé de 42,6 euros par tonne en 2005 à 27 en 2008, selon la confédération. Il devrait poursuivre sa baisse en 2009 en raison de l’augmentation des charges des producteurs. Au niveau européen, ce sont les pays les moins compétitifs qui ont abandonné plus de la moitié des 30 % de quota (5,3 M t), telles que l’Irlande, le Portugal, certains pays Baltes, la Slovénie et la Bulgarie. Au contraire, les pays européens les plus compétitifs n’ont dû abandonner que 13 % du quota.
Parmi les 18 pays membres encore producteurs de betterave, dix assurent 90 % de l’ensemble du quota. « La France, avec 25 % du quota reprend la première place devant l’Allemagne (23 %), la Pologne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Belgique », note le directeur général. Si en Europe, 82 usines ont fermé ramenant à 105 le nombre d’outils, la France a perdu 5 unités dont celle de Tereos à Aiserey, en Côte d’Or. La France a perdu une zone betteravière dans cette région, la production restant concentrée principalement dans le Nord de la France. « Malgré le coup de massue de la réforme, il y a des perspectives possibles, à condition que le paquet pesticides ne vienne pas anéantir nos efforts. Nous demandons que la clause de sauvegarde sur les importations soit maintenue sur une durée illimitée », a conclu Eric Lainé, président de la CGB. L’Europe est devenue déficitaire en sucre : 25 % de la consommation de sucre de l’UE est importée, soit 4 Mt, tandis que la production communautaire atteint 12 Mt. Au niveau mondial, la filière prévoit un bilan déficitaire sur les deux prochaines années, du fait de la réduction des exportations brésiliennes et du retrait du marché de l’Inde et de l’Union européenne, entraînant une hausse du prix du sucre dès le premier semestre 2009.