La crevette de Madagascar mise sur le développement durable
Taille, origine, couleur, mode d'élevage, prix différents, l'offre de crevettes sur le marché français est pléthorique et relativement floue pour le consommateur. Les opérateurs de plus en plus nombreux sur ce secteur en forte croissance cherchent à se démarquer, en particulier les pêcheurs de crevettes sauvages qui doivent justifier leur différence de prix.
La crevette de Madagascar s’est, la première, engagée dans la voie de la différenciation. Elle représente 11 % du marché de la crevette tropicale en France (86 000 tonnes). Trois intervenants majeurs se partagent la production : Unima, le groupe de Guy Besnardeau et Oso. Après l'obtention du label rouge, en 2004, Unima (2 500 tonnes de crevettes sauvages) a occupé le terrain en septembre 2006 avec le lancement de sa marque Nossi-Bé. Au dernier salon Seafood à Bruxelles, la marque arborait un nouveau bandeau « Agissons pour la pêche responsable ! » sur l'emballage de ses crevettes sauvages. Une allégation justifiée par plusieurs actions réalisées en faveur de la protection d'espèces marines (tortues, dauphins... grâce à l'adaptation des filets), le reboisement de la mangrove, ou encore les bonnes conditions de vie, de sécurité et de travail sur les bateaux de pêche.
Vers une certification MSC ?
Ne souhaitant pas être en reste, son concurrent Gel-pêche (société commercialisant les 2 500 t de crevettes malgaches pêchées par Réfrigépêche, le tout appartenant à Guy Besnardeau) a également décidé de communiquer sur ses démarches en faveur de la pêche durable, du commerce équitable et de la qualité, via un macaron « Engagements Eco-pêche ». En fait, ses engagements sont en grande partie communs avec Unima et Oso, réunis au sein du groupement des aquaculteurs et des pêcheurs de Crevettes de Madagascar (GAPCM). Sur le plan éthique, Gel-pêche affirme rémunérer ses marins en moyenne trois fois plus que le Smic malgache et agir en faveur du développement local (subvention de crèches, appareillage des enfants handicapés...). Au point de vue qualité, Gel-pêche assure être le seul à congeler les crevettes à bord des bateaux pour une meilleure traçabilité et une plus grande fermeté des crevettes. Gel-pêche examine aussi l'opportunité d'entrer dans la démarche Label Rouge.
Oso a, de son côté, choisi la filière bio (certification privée) pour valoriser ses crevettes d'élevage mais communique encore assez peu sur la pêche durable de ses crevettes sauvages (1 000 tonnes annuelles). A l'avenir les trois intervenants pourraient s'unir sous le label MSC. Encore faut-il que les petits pêcheurs indépendants acceptent de respecter les critères imposés par l'association Marine Stewardship Council.