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La Chine, un appétit difficile à combler

Avec 1% seulement de part de marché, la France est en queue de peloton des exportateurs vers la Chine.

Les chiffres de la croissance chinoise sont affolants. On peut en dire tout autant de la faible présence française dans l'empire du milieu, qui n'a jamais eu aussi faim de matières premières et de produits agricoles. En 2005, la France y a réalisé pour 286 millions d’euros d'exportations agroalimentaires, une progression de 40 % sur un an. Malgré cette performance, l'Hexagone est très loin d'être un acteur de poids en Chine, avec une PDM des exportations limitée à un petit pourcentage. « La Chine s'est réveillée de son profond sommeil économique, et connaît un bouleversement de son régime alimentaire. Historiquement il était orienté vers les céréales, maintenant il se tourne vers la viande, les légumes et les produits laitiers » a déclaré Antoine Schaefer, installé depuis une dizaine d'années en Chine.

La demande explose

Président de Daou Ltd, une structure aidant les entrepreneurs à s'installer à l'étranger, M. Schaefer estime que le développement des chaînes de distribution, doublé d'une occidentalisation des menus est une opportunité à saisir. Le marché est cependant à aborder avec prudence, les produits transformés ne représentant que 30 % de l'offre alimentaire. Le lait est un secteur prometteur, les insuffisances chroniques de la Chine en la matière obligeant le pays à importer tous les ans 50 000 vaches (en majorité australiennes). La demande pour le fromage est également naissante, offrant des débouchés pour la commercialisation de lactosérum et de poudres de lait, des produits dont Daou a permis l'exportation de 11 000 tonnes l'an dernier. « Il y a un créneau sur les produits simples comme les fromages fondus et les protéines fonctionnelles », poursuit M. Schaefer, qui importe dans l'autre sens des boyaux de porc et de moutons chinois pour réaliser des saucissons en France.

Pour les plus aventureux, l'exportation n'est plus la seule solution. Mettre un pied en Chine ne se résume plus à la mise en place de joint-venture, ce qui était auparavant une étape obligatoire. Dépositaire d'un certain savoir faire, les IAA françaises pourraient profiter du fort développement de la grande distribution en Chine, qui se tourne toujours vers des produits importés gages de sécurité, mais réfléchit aussi à des marques propres fabriquées sur place (Carrefour avec Dia). Reste à vaincre la frilosité française à l'export, souvent mise sur le devant de la scène. « Il y a quelques années, nous avons participé à la mise en place d'un vignoble en Chine, en mettant 2 millions d’euros sur la table pour obtenir des vins de qualité» a expliqué un représentant du ministère de l'Agriculture. « Au bout de quelques récoltes, nous avons souhaité nous en désengager, en offrant pour ainsi dire le domaine. Et pas un seul Français ne s'est manifesté ». Résultat, c'est un Chinois qui a tout récupéré.

Rédaction Réussir

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