Heineken fait des achats jusqu’à plus soif

A force de patience et d’une offre finale significativement relevée, le brasseur Heineken a fini par mettre la main sur son concurrent Scottish & Newcastle à l’aide de Carlsberg. Grâce à cette alliance temporaire nouée il y a quelques semaines, les brasseurs danois et hollandais vont chacun voir leur portefeuille de marques s’agrémenter de quelques poids lourds, après la validation de l’offre par les actionnaires de Scottish & Newcastle (marques Kronenbourg, 1664, Grimbergen, etc.) il y a quelques jours. Conjuguée à la parution de résultats financiers positifs, la conclusion heureuse de cette offre publique d’achat (OPA) a permis au cours en bourse d’Heineken de redécoller après une chute liée aux incertitudes sur l’absorption du concurrent britannique. La firme hollandaise a révélé une croissance organique du bénéfice net de 23 %, avec des ventes de 12,7 milliards d’euros contre 11,8 en 2006 (+ 7,3 %). Cette progression est supérieure à la hausse des volumes (+ 6,5 % à 119,8 millions d’hectolitres) et l’effet prix devrait à nouveau se faire sentir cette année puisque Heineken a prévu une hausse moyenne des tarifs de l’ordre de 15 %, en raison de la flambée des matières premières (notamment des céréales), des coûts logistiques et d’emballage. L’entreprise estime cependant être en mesure de répercuter entièrement ces augmentations auprès du consommateur et n’a pas stoppé sa soif d’acquisition. Depuis quelques mois, Heineken a mis la main sur un brasseur biélorusse et vient d’annoncer la création de deux coentreprises avec Diageo en Afrique du Sud. Fin mars de cette année, le brasseur hollandais a étendu ses activités en Europe de l’Est avec le rachat de Drinks Union qui va permettre de renforcer son positionnement en tant que troisième brasseur de République Tchèque avec une part de marché d’environ 12 %. Et le 10 avril dernier, c’est en Suisse qu’Heineken a jeté son dévolu, avec l’intention d’acquérir la branche boissons du holding Eichhof, une opération qui devrait conférer au groupe néerlandais la seconde place du marché local.