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Grippe aviaire : quelles conséquences ?

Avec 10 pays affectés aujourd’hui, c'est quasiment toute l'Asie du Sud-Est qui pourrait voir s'effondrer le secteur de la volaille. La banque asiatique de développement a déjà annoncé que l'épidémie pourrait coûter "des dizaines de milliards de dollars"... 

On parle pour l’instant d’au moins 20 millions de poulets abattus, principalement en Thaïlande (plus de 11 millions, selon l’AFP), mais ce chiffre devrait vraisemblablement progresser très significativement dans les jours à venir.

La Chine, deuxième producteur mondial de volailles derrière les États-Unis, a produit presque 14 millions de tec de viandes en 2003. La Thaïlande 1,54 million de tec.

À titre de comparaison, lorsque la même épizootie s’est déclarée au printemps dernier aux Pays-Bas, ceux-ci ont dû abattre plus d’un quart de leur cheptel afin d’éradiquer la maladie (la production est passée de 689 000 à 514 000 tec, selon l’Ofival). Si les mêmes mesures sont prises en Asie, suivant les recommandations de l’OMS, les abattages seraient particulièrement considérables…

Restructuration possible des échanges mondiaux

Les répercussions pourraient être très importantes sur le marché mondial et européen. D’abord parce que ces pays sont des gros consommateurs de volaille, qui représente l’essentiel de l’alimentation de cette région, et que si une partie significative du cheptel est abattue, cela pourrait ouvrir une brèche aux importations (du moins dans les pays où le pouvoir d’achat est suffisant). Ensuite et surtout parce que la Thaïlande est le 4e exportateur mondial de viande de volaille, avec 570 000 tec exportées en 2003 (soit une croissance de 6,5 % !). 50 % de ces exportations sont destinées au Japon, et 30 % à l’UE (augmentation de 18 % de ses parts de marché dans l’UE en 2003, selon l’Ofival), deux marchés qui lui ont maintenant fermé leur porte.

Au vu du cours de l’euro et des coûts de production européenne, il est fort probable que le premier bénéficiaire de ces destinations sera le Brésil (où le coût moyen de production est presque moitié moins cher qu’en Europe).

Le Brésil est actuellement le 2e exportateur mondial, avec plus de 2 millions de tec exportées en 2003, soit une progression de 23,9 %, avec comme débouchés principaux le Proche et le Moyen-Orient (30 %), l’UE (18 %) et la Russie (12 %). Pour 2004, le Brésil annonce une hausse de sa production de 4 %, mais une partie significative pourrait maintenant être dirigée vers l’Asie. L’arrêt des exportations thaïlandaises vers le Japon pendant un an représente un marché à conquérir de 285 000 tec environ…

De quoi éventuellement réviser ses priorités et dégager un peu le marché européen…

Dès aujourd’hui, la hausse du cours boursier de LDC tend à le prouver (voir LM du 30/01) !

L’effet peut se prolonger au-delà de la volaille

Cette épidémie pourrait aussi avoir des répercussions sur d’autres marchés.

On pense d’abord aux œufs, car l’Asie est un grand consommateur d’ovoproduits. Il est encore difficile d’estimer précisément l’évolution de la demande : augmenter pour continuer à produire et faire tourner les usines (notamment pour les produits à base de poisson, comme le surimi au Japon), ou baisser suite à la chute de la production de volaille en Thaïlande (gros producteur d’escalopes de volailles panées).

Le marché européen du porc pourrait enfin y trouver le moyen de reconquérir des parts de marché en Asie du Sud-Est. L’OIE recommande en effet dans les élevages mixtes «l’abattage des cochons au contact des poulets malades»…

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