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Grippe aviaire : exercice plein d’enseignements

Le virus asiatique H5N1 a beau ne pas être présent en France, les autorités affirmer que la surveillance vétérinaire garantit « la mise sur le marché de produits sains vis à vis du risque influenza aviaire », l’exercice d’épizootie organisé jeudi et vendredi en Bretagne a tout de même rassemblé pas moins de 120 journalistes. Une affluence plutôt exceptionnelle, eu égard à la discrétion des media lorsque l’Etat en région valide ses plans blanc ou rouge pour vérifier que ses procédures et ses relations inter services correspondent bien à la réalité du terrain.

Dans l’élevage de poulets de Kergloff (Finistère), l’exercice a consisté à simuler, jeudi et vendredi, une suspicion d’influenza aviaire vite confirmée, avec mise en place de périmètres de sécurité et de surveillance à 3 et 10 kilomètres autour. Il a permis de vérifier la mobilisation des moyens humains -au total, près d’une centaine de personnels et de gendarmes ont participé à l’exercice-, car toute suspicion d’un foyer infectieux entraîne automatiquement le maintien des périmètres de sécurité pendant 21 jours.

« Dès la suspicion d’un foyer infectieux, c’est une course contre la montre qui s’engage pour éviter la propagation du virus», a résumé le préfet délégué à la sécurité de la zone de défense ouest, François Lucas. Aux termes des deux jours d’exercice grandeur réelle, l’Etat a démontré la capacité de ses services à réagir rapidement face à un foyer infectieux de type H5N1. « Nous avons la capacité à isoler totalement un foyer infectieux en quelques heures, s’est félicité Philippe Hercouët, directeur des services vétérinaires d’Ille-et-Vilaine et responsable inter-départemental. Nous ne sommes ni démunis ni inquiets, même face à plusieurs foyers en Bretagne. La situation serait sans doute différente si il y a avait explosion du nombre de foyers ».

Mise en œuvre des systèmes de nettoyage des véhicules à la sortie de l’élevage infecté ; réactivité de l’unité de l’Afssa de Ploufragan (Côtes d’Armor) seule agréée grippe aviaire en France à fournir un diagnostic sûr de la souche ; déploiement des moyens humains et des rotoluves ; efficacité des chaînes d’information et de commandement... Les paramètres à valider ne manquaient pas.

L’ensemble des observateurs (ministère de l’Agriculture, DGAL, DDASS, etc.) présents devraient multiplier dans les prochains jours les réunions de débriefing pour modifier ce qui ne fonctionne pas bien. Au plan national, la DGAL réunira le 23 novembre prochain les 22 directions régionales des DSV françaises pour un bilan de l’exercice.

Parmi les observateurs de la profession avicole, Jean-Noël Sidaner, président du CRAVI (Comité régional avicole) de Bretagne a regretté que « certains responsables aient parlé trop vite, sur le principe de précaution en particulier». Il souhaite que le consommateur soit le plus rapidement reconquis, car 20 % de ventes en moins pendant trois mois consécutif équivaudrait à doubler le temps du vide sanitaire, actuellement de 15 jours en moyenne entre deux lots.

Le directeur du Centre d’information des viandes (CIV) Louis Orenga a souligné qu’il fallait que les acteurs des filières de production et de la santé animale s’habituent à communiquer sur leurs méthodes de maîtrise des risques « pour expliquer aux consommateurs comment on traite ce risque ». Un exercice difficile, ont reconnu tous les acteurs de l’exercice de Kergloff. 

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