Grenelle : les productions intensives sont nécessaires, selon le CES
Le projet de loi de relatif à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement ne doit pas stigmatiser tous les processus intensifs de production agricole, estime le Conseil économique et social. « Pour relever les défis multiples et concomitants auxquels est aujourd’hui confrontée l’agriculture, le Conseil considère qu’on ne pourra faire l’impasse sur des processus de productions intensifs, étant donné la pression de la demande et la raréfaction des terres agricoles », écrit Paul de Viguerie, rapporteur, dans un projet d’avis qui devait être adopté hier. Il réagit ainsi à la formulation inscrite à l’article 26 du projet de loi de programme qui stipule : « les processus intensifs de production font peser des risques parfois trop forts sur les milieux, menaçant aussi la durabilité de l’agriculture elle-même ». L’avis estime aussi que « les objectifs fixés pour l’agriculture biologique (6 % de la SAU en 2013 et 20 % en 2020) devraient être reconsidérés car ils risquent de conduire à un déséquilibre de marché à moyen terme ». Quant à la part des produits bio fixée à 15 % en 2010 et à 20 % en 2012 dans la restauration collective publique, l’assemblée consultative « attire l’attention des pouvoirs publics sur le fait que la démarche d’agriculture biologique vise à garantir des pratiques respectueuses de l’environnement, mais ne constitue pas une garantie de qualité nutritionnelle ». Le CES souhaite que d’autres modes de production, à faible empreinte écologique, puissent être recensés dans l’objectif des 20 %. Enfin, sur la politique des semences, le CES rappelle que « le potentiel de rendement doit rester le premier objectif », face à l’enjeu premier « produire pour nourrir les populations ».