Aller au contenu principal

Gare au pouvoir des ONG

Trop de réglementation, de contraintes environnementales, les opérateurs de l'agroalimentaire se plaignent des règles complexes qui freinent leur activité. Pour contrer de nouvelles directives, ils affinent leurs stratégies d'approche des parlementaires. Même si leur lobbying réussit, ils doivent désormais compter sur le pouvoir croissant des ONG. Cas d'école : étant parvenu à éviter l'interdiction de la pêche en eaux profondes, Scapêche (filiale d'Intermarché) a dû entrer en négociation avec des ONG sous la menace d'un boycott de plus en plus généralisé. Suite à la puissante campagne de Bloom, les enseignes Casino, Auchan et Carrefour (pour trois espèces), puis la Ville de Paris avaient annoncé renoncer aux espèces pêchées en eaux profondes. Elles cédaient ainsi devant les moyens déployés par l'organisation environnementaliste : bande dessinée largement relayée sur les réseaux sociaux, nombreuses personnalités ralliées à la cause (dont Robert Badinter, Richard Branson, Coline Serreau)... Après plusieurs semaines de discussions, la Scapêche est parvenue à un accord avec Bloom et WWF France. D'ici début 2015, la filiale d'Intermarché arrêtera de pêcher avec des chaluts de fond au-delà de 800 mètres. Par ce compromis, elle espère retrouver des clients et maintenir son activité. Mais en échange, elle devra partager ses données de capture et de positionnement des navires avec les ONG. À la lecture de leur communiqué, il est par ailleurs clair que ces dernières n'ont pas perdu espoir de parvenir à plus long terme à l'élimination du chalutage de fond en profondeur. Pourtant l'armement avait-il d'autres solutions que de négocier avec les environnementalistes ? Huile de palme, phytosanitaires, OGM, élevage intensif restent dans la ligne de mire des principales ONG. Les filières agroalimentaires ont intérêt à ne pas l'oublier et à intégrer ce paramètre dans leurs stratégies commerciales et de communication. Au-delà des contraintes réglementaires, plane de plus en plus la pression des lobbys environnementalistes à la pointe des techniques d'influence.

Les plus lus

vaches limousines en étable
Viande bovine : pourquoi l’Idele prévoit un ralentissement de la baisse de production en 2026 ?

Après avoir nettement baissé en 2025, la production de viande bovine en France ne devrait pas se redresser en 2026, selon les…

poule rousse en élevage
Œufs : « Les tensions dans les rayons vont disparaitre d’ici juin » avec 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026

La consommation d’œufs atteint des sommets historiques en France, alors même que la transition vers l’alternatif limite le…

La France consomme des chevaux qu’elle produit peu, mais produit davantage d’animaux destinés à l’exportation.  © Reussir
Viande chevaline : « aujourd’hui ce sont plus les jeunes générations qui en demandent »

La consommation de viande chevaline recule, tandis que les importations augmentent. Dans ce contexte, Interbev Équin mise la…

broutards charolais en bâtiment
Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le…

porc en élevage bio
Porc bio : « Désormais, il n'y a presque plus de déclassement de porc bio »

Le marché français du porc bio semble atteindre un point bas de baisse de consommation en France, après des années de forte…

porcs en étable
L’Allemagne a perdu plus de 6 millions de porcs en dix ans, mais le cheptel rebondit

 L’Allemagne a enregistré une légère hausse de sa production porcine entre novembre 2025 et 2024. Cette reprise reste…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio