Aller au contenu principal

Exporter au-delà des Brics

Arrivés à un tournant de leur croissance économique, les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) inquiètent économistes et exportateurs français. L'agroalimentaire s'avère d'autant plus touché que les échanges commerciaux du secteur se retrouvent souvent au cœur, voire l'otage, de négociations très politiques. Deux exemples récents sont particulièrement édifiants. L'embargo russe sur le porc européen dépasse largement la simple question d'un problème de sécurité alimentaire. Et vu la tournure du dossier ukrainien, sa levée semble pour l'heure bien compromise, au grand désarroi des opérateurs de la filière produits carnés. Après plus de six mois de bisbilles, la Chine, elle, a enfin levé l'épée de Damoclès qui menaçait l'exportation des vins français en mettant fin à l'enquête antidumping sur le vin européen. Une issue trouvée à la veille d'une tournée du président Xi Jinping en Europe. Pour autant, l'eldorado chinois n'est plus ce qu'il était. Les exportations de vins de Bordeaux ont baissé de 16 % l'an dernier et la Chine confirme sa volonté d'asseoir sa propre production (les professionnels européens se sont eux-mêmes engagés à former les viticulteurs chinois et à financer l'implantation de cépages adaptés !). Au Brésil, en Inde et en Afrique du Sud, désormais touchés par la crise financière, les exportateurs français connaissent aussi des déboires. Faut-il pour autant se recroqueviller sur un marché européen voire français, plus sécurisant ? Le monde est vaste et les économistes constatent une nouvelle vague de pays émergents autour des Benivm (Bangladesh, Éthiopie, Nigéria, Indonésie, Vietnam et Mexique). La France aurait aussi tout intérêt à renforcer sa diplomatie agricole et alimentaire en Méditerranée et en Afrique. Régions proches et aux liens historiques forts avec l'Hexagone. Ministères de l'Agriculture et du Commerce extérieur (dont les locataires changeront peut-être dans les prochains jours… mais qu'importe !) devraient donner l'impulsion pour aider les industriels à diversifier leurs débouchés à l'international, sous peine de s'exposer à de trop grands risques.

Les plus lus

poule rousse en élevage
Œufs : « Les tensions dans les rayons vont disparaitre d’ici juin » avec 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026

La consommation d’œufs atteint des sommets historiques en France, alors même que la transition vers l’alternatif limite le…

petit veau dans sa niche
Petits veaux : « les intégrateurs s’attendent à des prix très élevés en mai »

Les prix des petits veaux laitiers ont connu une évolution historique en 2025, sous l’effet du manque d’offre. Les…

broutards charolais en bâtiment
Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le…

drapeau turc
Broutards : la Turquie annonce un quota d’importation de 500 000 têtes sur 2026

Le gouvernement turc a publié ses quotas d’importation de broutards dans un contexte d’inflation toujours élevée et de prix de…

Les administrateurs de l'interprofession Anvol
Poulet : « Le rythme de construction de nouveaux bâtiments reste très éloigné des objectifs fixés »

 2 200 poulaillers et près de 2,8 milliards d’euros d’investissements, c’est ce qu’il faudrait à la France pour…

porc en élevage bio
Porc bio : « Désormais, il n'y a presque plus de déclassement de porc bio »

Le marché français du porc bio semble atteindre un point bas de baisse de consommation en France, après des années de forte…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio