Export de F&L : des niches à exploiter
Les expéditeurs français en fruits et légumes ne doivent surtout pas baisser les bras à l’exportation. « L’Union européenne à 27 avec 480 millions d’habitants, c’est votre marché naturel», leur a dit récemment Hélène Baillon, chef du service produits végétaux d’Ubifrance lors de l’assemblée générale de l’ANEFEEL, association nationale des expéditeurs exportateurs en fruits et légumes, qui se tenait dans le Finistère mi-mars.
Les trois cents entreprises privées adhérentes de l’ANEFEEL commercialisent environ 40 % de la production française en fruits et légumes. Importateurs et exportateurs, ils vendent en moyenne entre 20 et 25 % de leurs produits hors de France, selon l’association patronale. Mais ils s’inquiètent.
D’un côté la distribution poursuit sa concentration. Selon Hélène Baillon, « une quinzaine d’acheteurs en GMS en Europe feront 75 % des ventes dans dix ans ». De l’autre, les négociants doivent s’adapter à la baisse constante de la consommation de fruits et légumes frais, compensée par une hausse des produits exotiques ou transformés, et un rajeunissement de la population dans l’Europe à 27.
Ce qui impose aux expéditeurs de revoir leur communication, car jusqu’à présent, les consommateurs de plus de cinquante ans faisaient l’essentiel du marché en mangeant quatre fois plus de légumes que leurs cadets, selon Mme Baillon. « Mais rien n’est irréversible, a précisé Véronique Declercq (Interfel). Quand la communication est bien faite, les jeunes peuvent revenir aux fruits et légumes. »
Une logistique à améliorer
Avec les transferts de consommation apparaissent des niches. Exemple : Hélène Baillon invite les expéditeurs à regarder de près ce qui se passe dans les rayons des fruits et légumes bio en Allemagne. Dans les grandes enseignes du hard discount allemand -Edeka, Rewe, Lidl, Aldi-, les MDD en fruits et légumes se multiplient, et l’offre locale ne peut satisfaire toute la demande.
Pour accéder à ces marchés à l’exportation, parfois réduits en volume mais disposant d’une bonne marge commerciale, la France manque peut-être d’une logistique performante, ont regretté des expéditeurs, ou tout simplement d’une véritable culture à l’exportation. D’où l’intérêt de collaborer commercialement entre expéditeurs de différentes régions.
Par le passé, « nous avons déjà eu des invendus l’été parce que nous ne trouvions personne pour acheminer nos produits à destination », a rappelé le président de l’Union bretonne des expéditeurs, Jean-Yves Guérin.