Aller au contenu principal

Emsalem fait Chevalier du Mérite Agricole

Chevillard de la Villette devenu industriel du casher, Emsalem s’est fait un nom. Retour sur son parcours. 

« Combien reste-t-il de chevillards de la Villette qui ont suivi l’évolution ? » René Emsalem est de ceux-là. Ce « grand bonhomme » du secteur de la viande vient d’être décoré Chevalier du Mérite Agricole. L’occasion pour Jean-Pierre Heusèle, président du conseil de surveillance d’Alliance, de saluer un parcours remarquable. « Nous sommes tous les deux du Nord, a-t-il plaisanté. Moi, de Bailleul, vous de Sidi Bel Abbès. Et nous avons la même passion pour le commerce et la transformation de la viande». `

À 70 ans, le pied-noir n’a pas pris la carrure du Ch’timi. Son groupe pèse quand même 30 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec 300 salariés. René Emsalem est fils d’éleveur de bétail et chevillard à Sidi Bel Abbès. Il a 11 ans lorsque son père, mutilé de guerre, lui fait quitter l’école. Commence l’apprentissage d’un « rude labeur ». En 1962, c’est le départ d’Algérie. Emsalem s’installe à la Villette, chez Messieurs Salois et Potin, deux des principaux chevillards de la place.

Après la fermeture des abattoirs, il reste attaché au quartier et y conserve le centre de ses activités. L’entreprise prend de l’essor. Quatre abattoirs de viande bovine et de volaille sont repris à Lisieux (Calvados), Melun (Seine-et-Marne), Saint-Mars-la-Jaille (Loire-Atlantique) et Trainel (Aube). L’obtention de l’agrément du Consistoire de Paris permet de développer les produits casher. Des salles de désossage et de transformation de la viande sont mises en place. Un partenariat est noué avec Alliance pour la fabrication de produits élaborés (steaks hachés, hamburgers, boulettes de viande, veau panné).

L’industriel ne manque pas de mérite

« C’est très dur de travailler avec vous, a signalé Jean-Pierre Heusèle. Vous êtes exigeant avec vos fournisseurs comme avec vous-mêmes ». Emsalem arrive tôt au travail. En permanence sur le terrain, bloc-notes et stylo à la main, il court d’un bout à l’autre des ateliers, « l’œil à la fois sur la conformité et la bascule », avec un cerveau puissant comme un ordinateur. « Grand connaisseur de bovins vivants, spécialement des bœufs normands et sur le marché de Rouen », sa réputation est grande, dans le milieu des marchands de bestiaux. Emsalem aime le bétail et tient à contrôler la filière de A à Z. « La traçabilité, vous l’avez inventée depuis longtemps et êtes incollable sur l’origine de l’animal, sa nourriture, son état d’engraissement, sa conformation.»

L’industriel ne manque pas de mérite. Y compris en matière agricole. « Lors de difficultés dans le bocage normand, certaines entreprises étant dans l’impossibilité de payer les éleveurs, vous êtes descendu avec votre carnet de chèques. Je ne connais que vous qui, sans hésiter, ayez remplacé au pied levé le défaillant et ayez fait, sans bruit, en sorte que le producteur touche le prix de son animal », a rappelé Jean-Pierre Heusèle.

Les plus lus

poule rousse en élevage
Œufs : « Les tensions dans les rayons vont disparaitre d’ici juin » avec 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026

La consommation d’œufs atteint des sommets historiques en France, alors même que la transition vers l’alternatif limite le…

petit veau dans sa niche
Petits veaux : « les intégrateurs s’attendent à des prix très élevés en mai »

Les prix des petits veaux laitiers ont connu une évolution historique en 2025, sous l’effet du manque d’offre. Les…

drapeau turc
Broutards : la Turquie annonce un quota d’importation de 500 000 têtes sur 2026

Le gouvernement turc a publié ses quotas d’importation de broutards dans un contexte d’inflation toujours élevée et de prix de…

camion devant quais de déchargement, de nuit
Viande bovine : le déficit commercial divisé par deux en 2025 en volume

Les exportations de viande bovine de la France ont progressé en 2025 ; notamment vers l’UE, tandis que les importations…

Les administrateurs de l'interprofession Anvol
Poulet : « Le rythme de construction de nouveaux bâtiments reste très éloigné des objectifs fixés »

 2 200 poulaillers et près de 2,8 milliards d’euros d’investissements, c’est ce qu’il faudrait à la France pour…

porc en élevage bio
Porc bio : « Désormais, il n'y a presque plus de déclassement de porc bio »

Le marché français du porc bio semble atteindre un point bas de baisse de consommation en France, après des années de forte…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio