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[Edito] Un peu de marges pour les IAA aussi

Depuis l’entrée en vigueur de la loi Alimentation, les panélistes sont à l’œuvre pour mesurer son effet sur les prix en grande distribution. La dernière étude en date, celle d’Iri du 21 février, a montré que le relèvement de 10 % du SRP, entré en vigueur le 1er février, avait pour l’instant une influence quasi nulle sur l’inflation des prix des produits de grande consommation proposés en GMS. Ce que certains pressentaient depuis plusieurs semaines se confirme : l’inflation constatée sur les marques nationales est compensée par une baisse des prix sur les marques de distributeurs. Et finalement, d'après Iri, l’augmentation du panier moyen hebdomadaire ne serait que de 0,10 euro à contenu strictement équivalent pour le consommateur. Ce qui voudrait dire que la marge que les distributeurs se refont sur les grandes marques, y étant forcés par la loi Alimentation, leur permet d’en faire moins et donc de vendre plus en volume sur les MDD. Cela exclut-il pour autant qu’ils remplissent le pacte passé avec les syndicats agricoles et le gouvernement lors des états généraux de l’alimentation de revaloriser leurs achats auprès des fournisseurs pour permettre une meilleure rémunération des agriculteurs ? Dominique Schelcher, président de Système U, évoquait il y a quelques semaines une nouvelle péréquation à trouver dans nos colonnes, tandis que Michel-Édouard Leclerc dit directement sur son blog que « toute la théorie du ruissellement vers les cours de ferme s’effondre par cette démonstration d’Iri ». Ne connaissant pas la réalité des box (les caméras n’y sont pas encore obligatoires comme le demande avec humour Christiane Lambert !), on peut juste imaginer que les négociations varient d’une enseigne à l’autre, mais que la prise en compte du fameux ruissellement (en dehors de la filière lait) doit y être minime. Et quid des marques nationales et régionales issues de PME ? On parle d’une meilleure rémunération des agriculteurs, mais les PME, qui fournissent la grande majorité des MDD, ont aussi besoin de retrouver des marges pour investir et innover. Rendez-vous dans quelques jours pour savoir si elles ont pâti ou bénéficié de ces négociations 2019.

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