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[Edito] Sial 2018 : où sont les Français ?

Le Sial Paris impressionne toujours par son gigantisme et sa multitude d’innovations. L’édition 2018 n’a pas échappé à la règle, avec un trait notable, annoncé à l’avance par ses organisateurs : des tendances que l’on retrouve unanimement dans toutes les parties du salon et donc du monde. Le bio, le végétal ou encore le snacking sain étaient partout cette semaine dans les allées du salon… Et le goût, mais de manière un peu moins généralisée, plus chez les exposants italiens, espagnols ou encore français. Les Français justement, parlons-en. Partout avec quelque 1 000 exposants… Et nulle part à la fois. Alors que le Brésil, la Chine, l’Inde ou l’Espagne montrent leurs couleurs de manière uniforme et massive, l’agroalimentaire français avance dispersé, si l’on excepte la signalétique So France inscrite au-dessus des pavillons régionaux éparpillés dans les différents halls. Certes, certains fleurons français étaient fortement visibles au parc des expositions de Villepinte comme Bigard, Savencia ou encore Lactalis. Mais pas vraiment d’identité collective française. Comme l’a souligné le nouveau ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation Didier Guillaume, en inaugurant le salon, la richesse de la France c’est la diversité de son agriculture et de son agroalimentaire. Mais pour exporter davantage « il faut se grouper », a-t-il souligné. Seule une IAA française sur quatre va à l’export. Pour que davantage de PME franchissent le pas, un élan collectif est nécessaire. Richard Girardot, nouveau président de l’Ania, avait dès le début de son mandat mis en avant « la nécessité de chasser en meute » et de développer une vitrine France à l’étranger. Didier Guillaume a lancé en ouverture du Sial l’idée « de changer d’échelle, en agrégeant les produits par filière ». Une commission réfléchit sur le sujet au sein du Medef. « Un plan d’action d’offre collaborative sera annoncé en 2019 », a promis le nouveau locataire de la rue de Varenne. Une offre commune qui devra surfer sur l’image du repas gastronomique français. Avec le plaisir gustatif comme bannière. Le concept est bon, vite du concret !

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