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[Edito] Le budget alimentaire doit s’apprécier

Le 1er novembre, plus d’un an après le lancement des états généraux et alors même que le round des négociations commerciales 2019 a débuté, la loi Alimentation a enfin été publiée au Journal officiel. Désormais, les opérateurs attendent avec impatience la publication des ordonnances sur le relèvement du SRP, l’encadrement des promotions ou encore sur les prix abusivement bas. À la lecture de l’ouvrage Du panier à l’assiette, signé Serge Papin et Périco Légasse, sorti le 7 novembre, on apprend qu’au sein du gouvernement on ne dort pas forcément bien à l’approche de leur mise en application. « Le ministère de l’Économie tremble à l’idée qu’un nouveau système de construction des prix agricoles, plus favorable aux agriculteurs, puisse les faire augmenter ne serait-ce que de 1 % », avance l’ex-patron de Système U. Quand le chroniqueur gastronomique affirme savoir qu’au plus haut sommet de l’État on craint que ce retour de l’inflation n’affecte en premier lieu les classes les plus modestes et ne déclenche « un mouvement de révolte ». La hausse du prix des carburants et l’impôt à la source dès janvier, qui viendra amputer le salaire inscrit au bas des fiches de paie des Français, laissent en effet entrevoir un cocktail quelque peu explosif pour le début de l’année 2019. Pourtant, le mouvement de revalorisation de l’alimentation, s’il risque de créer des soubresauts difficiles à supporter par les pouvoirs publics, est une bonne chose à encourager. Les Français veulent manger plus sain, plus bio, plus local, ils doivent donc accepter de relever leur budget alimentation (tombé à 20 % du budget des ménages en 2014 contre 35 % en 1960, selon l’Insee) ou de manger mieux mais moins. Le gouvernement devrait tenir bon sur ce point. S’il faut relâcher du lest aux Français, pourquoi ne pas plutôt s’attaquer à la hausse des loyers et faire en sorte que le budget logement retrouve un niveau raisonnable en France ? La variable d’ajustement ne doit plus être l’alimentation.

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