Dialogue de sourds chez Jean Caby
Une cinquantaine d’éleveurs de porcs du Nord-Pas-de-Calais a bloqué les accès de l’usine Jean Caby de Saint-André près de Lille durant toute l’après midi du 2 juin. Ils répondaient ainsi au mot d’ordre lancé par le président de la FNP le 21 mai dernier face à la stagnation du prix du porc français (voir LM du 29 mai).
Jean-Michel Serres, président de la FNP est venu soutenir les éleveurs qui se sont retrouvés face à d’importantes forces de l’ordre. « Nous manifestons ici comme nous l’avons fait dans le Finistère et chez Madrange à Limoges », a expliqué Jean-Michel Serres en déplorant que les salaisonniers français n’acceptent pas de revaloriser les prix d’achat à la production pour se mettre au niveau des prix européens.
Herta, prochain sur la liste
« Plusieurs raisons nous ont incités à manifester devant l’un des sites industriels du groupe Smithfield Food Inc », a-t-il poursuivi. « D’une part Jean Caby, est l’un des champions du bradage aux GMS et d’autre part, nous soupçonnons fortement le groupe de faire rentrer en France de la viande de porc américaine congelée », a expliqué le leader syndical. Pour lui, il est tout à fait possible, notamment à cause de l’effet dollar, de faire venir de la viande de porc des Etats-Unis au prix du kilo de carcasse payé aux éleveurs français.
Jean-Michel Serres a d’ailleurs confirmé que « de la viande de porc en provenance des Etats-Unis avait été découverte en vente chez Carrefour en février dernier ». Le président de la FNP a demandé aux éleveurs présents de démultiplier les actions sur le terrain et les a invités à aller visiter le groupe Herta de Saint-Pol sur Ternoise (62) « qui ne joue pas le jeu non plus ». Pour le président de la FNP, une dizaine de salaisonniers dont Smithfield, Madrange, Herta, Broceviande… se partage environ 70 % du marché. « Puisqu’on ne réussit pas à nous mettre d’accord autour d’une table, nous devons continuer à nous battre sur le terrain », a-t-il conclu. Après deux heures d’attente aux portes de Jean Caby, une délégation de cinq personnes était reçue par Jean-Jacques Dordain, directeur de site qui leur a signifié qu' «il ne pouvait rien faire pour eux, mais leur a assuré qu’il ne travaillait pas de viande américaine».