Dérèglements
Jean-Louis Borloo nous a ôté d'un doute. « L'été 2007 particulièrement médiocre » que nous avons connu « ne remet pas en cause » les convictions des experts : la France ne coupera pas au réchauffement climatique. Méfions-nous des apparences, des records de pluviométrie de ces dernières semaines et de la fraîcheur automnale des températures. Elles masquent le mouvemlent de fond, celui qui mène la France « à une diminution des précipitations en été et à une augmentation en hiver, surtout dans la moitié Nord », écrit le ministère de l'écologie, du développement et de l’aménagement durables dans un communiqué publié cette semaine à l’occasion d’une visite du n°2 du gouvernement à la Météopole de Toulouse. Les « vagues de chaleur » et « les sécheresses estivales plus longues et plus intenses », nous y aurons droit, que les fabricants de grillades, de boissons fraîches et de crèmes glacées, consternés par un temps à ne pas mettre un barbecue dehors, se rassurent. Il fera très chaud en juin 2008, ou au moins en juillet 2009. Si nous y avons échappé cette année, c'est qu'on continuera, en France, « à connaître une variabilité du climat », ce qui est plutôt rassurant. Et puis, ajoute le ministère, estimons-nous heureux. Tandis que nous avons pu jouir cet été de températures supportables, d'autres ont été écrasés par des épisodes de canicule, à Bari (45°), à Athènes (40°) ou à Bucarest (39°). Compte tenu de la fraîcheur de l'été, Jean-Louis Borloo a quand même un peu de mal à convaincre les plagistes désespérés de la nécessité « de se préparer aux conséquences du changement climatique ». Elles sont pourtant déjà sensibles, ici comme ailleurs, et notamment dans le domaine agricole. Cette semaine, le gouvernement chinois a ainsi estimé que le réchauffement climatique pourrait, d'ici 2030, faire baisser la récolte de céréales dans ce pays de 10 %, en raison d'une baisse des rendements. Lors du prochain Grenelle de l'Environnement, il ne faudra pas l'oublier. Qu'il pleuve ou qu'il vente.