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Contre l'obésité, les IAA devraient réduire les portions

En trente-cinq ans, le nombre des produits «king size» s'est multiplié. D'une manière générale, industriels et restaurateurs ont forcé la dose sur les portions. Un phénomène qui contribue à l'obésité.

L'écœurant « Super size me » de l'Américain Morgan Spurlock a montré comment on pouvait rapidement grossir en consommant des produits king size, type hamburgers ou frites de préférence. Caricatural, ce documentaire à la limite du suicide en direct ne doit pas masquer une vérité plus insidieuse : plusieurs études scientifiques sérieuses semblent montrer que ce n'est pas tant l'excédent énergétique qui conduit à l'obésité mais plutôt une surconsommation passive, faible, mais récurrente. Et en augmentant régulièrement la taille de leurs portions, industriels et restaurateurs y contribuent selon Serge Michels, ex-chef de projets alimentaires à l'UFC Que Choisir, actuellement directeur général du groupe Protéines (agence en communication santé bien-être), intervenant hier à une conférence organisée par l'Institut français pour la nutrition (IFN).

Alors qu'entre 1970 et 74 une dizaine de produits américains king size était lancée sur le marché, entre 1995 et 1999 ce chiffre est monté à 60. « Alors que la portion normale de frites est de 70 g, on propose aujourd'hui aux Etats-Unis dans les fast-foods des portions individuelles de 200 g », rapporte Serge Michels. En 1955, McDonald's proposait des hamburgers de 45,3 g. Un poids quadruplé pour les hamburgers king size proposés en 2002. Et la France n'est pas épargnée par le phénomène. La taille des barres chocolatées commercialisées sur le marché français varie de 12 g à 60 g pour les plus grandes. Or des scientifiques ont prouvé que « plus on en met dans l'assiette plus on stimule la consommation ».

Plus efficace que l'allégé

Une étude en 2004 a porté sur 180 clients d'un restaurant dans lequel selon les jours, la taille de la portion de pâtes (en entrée) variait de 248 ou 377 grammes (+52%). Résultat : les jours où la plus grosse portion est servie, l'apport énergétique de l'entrée progresse de 43 % en moyenne chez les clients et de 25 % pour l'énergie totale du repas. Ce qui signifie que quasiment tout le monde a fini son assiette et n'en a pas moins mangé le reste du repas. Or ceci devrait intéresser industriels et restaurateurs : « les clients ne perçoivent pas de différences en termes de satisfaction quant à la taille de la portion », affirme l'étude. L'augmentation de la portion ne fait donc pas davantage plaisir au consommateur. Face à la problématique santé, les industriels essaient surtout aujourd'hui de réduire la teneur en graisse des produits.

Or Serge Michels montre que limiter la portion, sur une barre chocolatée par exemple, peut s'avérer nettement plus efficace nutritionnellement que de tenter d'alléger le produit en matière grasse. Une diminution de 20 % de la taille de la portion induit une diminution mécanique de 20 % des apports caloriques et de sucre, alors qu'une baisse de 30 % de la teneur en matière grasse ne réduit au final que de 6 % les apports caloriques. Ceci s'explique par le fait que les industriels compensent la perte en matières grasses par des glucides (en général du sucre) pour conserver la texture et le goût du produit, affirme Serge Michels. Or baisser légèrement les portions permettrait de toucher plus de consommateurs déclare-t-il se référant à une étude du Crédoc 2003. Convaincus ?

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