Concurrence
A l’issue d’une enquête que nous avons déjà largement commenté dans ces pages, l’UFC Que Choisir ? a accusé la grande distribution de ne pas répercuter sur les prix de la viande les baisses de cours observées au stade de la production. La faute, selon l’association de consommateurs, à une politique de marge élevée menée sur la viande et au manque de concurrence entre enseignes. Il est intéressant de constater que cette appréciation très tranchée n’est que modérément partagée aux stades de la transformation et même de la production, pour ce qui concerne l’élevage bovin en tous cas. D’abord parce que l’on sait depuis longtemps que le marché du bétail et celui de la viande obéissent à des logiques différentes, et parfois contradictoires, le premier étant guidé par la production, le second par la consommation. Mais surtout, on semble avoir largement intégré, dans la filière bovine, qu’il est un peu vain de demander au détail de régler les problèmes qui se posent en amont, comme la désorganisation de l’offre, le manque de compétitivité, les surcoûts multiples, etc. C’est le signe d’une évolution positive. Quant à la concurrence jugée biaisée entre enseignes, la progression constante des surfaces de vente en France devrait contribuer à l’aiguillonner. Les enseignes alimentaires entendent profiter à plein de la possibilité d’ouvrir sans autorisation des surfaces de moins de 1000 m 2. Système U va créer en 2009 trois fois plus de surfaces commerciales qu’en 2008. Intermarché deux fois plus, etc. A tel point qu’on peut se demander comment le commerce traditionnel de centre-ville va absorber le choc. Surtout à un moment où les Français n’ont guère l’air d’humeur dépensière.