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Communication, clé de la réussite des indications géographiques

L'article 18 du projet de la Loi d’Orientation Agricole prévoit une meilleure lisibilité pour le consommateur. Mais quelle lisibilité ? La réalité sur le terrain.

La réforme du système des signes officiels et de la qualité est en route. En dehors de positions de principe, les professionnels ne contestent pas vraiment les changements inscrits dans le projet présenté au Conseil d'État et annoncés à Cambremer par le ministre de l'Agriculture lui-même : « Pour améliorer la lisibilité par le consommateur des signes de qualité, le projet de loi d'orientation agricole, dans son article 18, se propose d'habiliter le gouvernement à légiférer par ordonnance afin de clarifier le dispositif de valorisation des produits agricoles et alimentaires. » Deux tables rondes ont récemment eu lieu sur le sujet, l'une aux rencontres de Cambremer, l'autre lors des Assises de l'Origine à Bordeaux. Il en ressort qu'en matière de communication il y a fort à faire.

Concrètement, aucune étude ne donne de chiffres actualisés sur la notoriété des signes officiels. La dernière en date, celle du Credoc, donnait un taux de notoriété spontané de 43 % au Label Rouge, 13 % à l'AOC et quelques pour-cent à l'IGP et l'AOP. Depuis cinq ans, le Label Rouge n'a pas communiqué et il est probable que son taux de notoriété en ait souffert. Le concept de l'AOC, ce n'est un secret pour personne, n'a jamais été communiqué depuis sa création en 1935. Pas même un logo, toutes les tentatives fédératrices en ce sens ayant échoué.

Abandon du logo français des fromages AOC

Seule communication depuis deux ans : les AOP et les IGP. Cela a commencé par le Comté qui a fait campagne avec le Parmigiano Reggiano et le jambon de Parme aux États-unis et au Japon. Le foie gras du Sud-Ouest a démarré il y a deux ans, rejoint par les 47 Appellations d'origine Contrôlées laitières regroupées au sein du Cnaol. Un dossier est en cours de réflexion porté par l'Association française des indications géographiques, regroupant certains produits des comités III et IV de l'Inao. Bruxelles finance 50 % du budget, les offices nationaux 20 % (cf. encadré) et les professionnels 30 %. Certains, comme le Cnaol, ont même décidé qu'ils n'utiliseraient plus le logo français des fromages AOC, qui serait remplacé par le logo européen complété de la mention « Appellation d'origine contrôlée». Attitude justifiée par la capitalisation pendant trois ans sur le logo de l'AOP. Côté Inao, Michel Prugue, son Président propose, en attendant, que la notoriété des logos AOP et IGP soit établie, de se servir conjointement du logo de l'AOC existant mais non utilisé, les vins s'y étant opposés. Cette tendance inquiète les professionnels du Comité 2 des produits laitiers et Jean-Charles Arnaud, son Président, devra user de beaucoup de diplomatie pour calmer le jeu. La notoriété des logos AOP-IGP ne s'établira que si l'ensemble des produits l'arborent, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. « En attendant, que fait-on ? Les entreprises trouvent bien de la place pour rajouter les logos des médailles du Concours Général », constate Michel Prugue, qui sait très bien que la notoriété du Logo Label Rouge s'est faite parce qu'il était unique et obligatoire.

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