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Comment maintenir l’activité en cas de pandémie

La mise en place d’un plan de continuité d’activité est fortement recommandée par les autorités. Il s’agit pour les entreprises de réfléchir à une organisation en mode dégradé. Cette démarche d’anticipation peut s’avérer vitale.

« Nous vous remercions de communiquer les mesures déjà prises et celles étudiées par votre société afin d’assurer la continuité de vos prestations en cas de pandémie grippale. » Des courriers formulant ce type de demande se multiplient dans les boîtes aux lettres. C’est le signe d’une mobilisation grandissante des entreprises contre la grippe A. Le secteur de l’alimentation est en première ligne. Il fait partie des « activités d’importance vitale », définies comme telles dans le Plan national de prévention et de lutte contre une pandémie grippale. Les autorités y préconisent une démarche d’anticipation des entreprises. Objectif : « prévoir à la fois des modes d’organisation spécifiques et la protection des personnels présents sur les lieux de travail ». Cela passe par l’élaboration de plans de continuité d’activité.

Scénarios de crise
« Les entreprises doivent se préparer à subir un absentéisme élevé, insiste Françoise Gorga, responsable Prévention et Gestion de crise à l’Ania (Association nationale des industries alimentaires). Leur activité risque aussi d’être perturbée par des difficultés logistiques, énergétiques. » Plusieurs scénarios sont à envisager, dont le principal peut retenir un taux d’absentéisme de 25 % tout au long de la vague pandémique, soit pendant 8 à 12 semaines, avec une pointe à 40 % sur 2 semaines. Le plan de continuité doit être fondé sur un examen des conséquences de la pandémie pour l’activité, sur l’identification et la hiérarchisation des missions devant être assurées en toutes circonstances, de celles pouvant être interrompues pendant une à deux semaines et de celles pouvant l’être de 8 à 12 semaines. Les ressources nécessaires à la poursuite des activités indispensables sont ensuite à évaluer : moyens humains et moyens matériels, affectations financières, conseil juridique, etc. « Une interruption prolongée de la marche de certaines entreprises mal préparées pourrait mettre en cause leur survie », met en garde Françoise Gorga.
Le message est visiblement passé dans les IAA. Près de la moitié d’entre elles disposent d’un plan de continuité d’activité, selon une enquête de l’Ania (voir notre infographie). 92 % ont mis en place une cellule de gestion de crise, ont désigné un responsable grippe A et 80 % sont dotées de moyens de protection du personnel, à savoir des masques, des produits de lavage. « Ces chiffres sont plutôt bons, commente Françoise Gorga. À l’époque de la grippe aviaire, seules 20 % des IAA avaient élaboré un plan de continuité. »

Une simulation grandeur nature
Un film documentaire a été réalisé à l’initiative de l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) et de l’Anact (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail) pour aider les entreprises à faire face à une éventuelle pandémie. On y voit le responsable de l’Intermarché de Grigny (Rhône) essayer de gérer son supermarché, alors même que la moitié de ses effectifs sont absents pour cause de grippe, soit malades, soit incapables de venir, faute de transports ou de garderies ouvertes. Les clients, très tendus, se battent pour constituer des stocks de farine ou de sucre. Une analyse de la situation est faite par un « risk manager ».
Cette simulation grandeur nature a été réalisée en mars dernier (lire notre Hebdo n° 2). Il s’agissait, explique l’Afsset, d’« analyser les conditions de travail des salariés d’un établissement de distribution alimentaire dans un contexte de crise » et de « tester le meilleur mode d’organisation possible dans cette configuration pour à la fois préserver la santé du personnel et répondre aux besoins de la clientèle ». Elle est consultable sur internet (www.anact.fr ou www.afsset.fr), afin de permettre à d’autres de s’approprier la méthodologie de gestion de crise.

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