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Céréales : des mesures d’urgence pour dégager le marché

Faute de restitutions à l’exportation, le marché céréalier européen se trouve bloqué. Les interventions massives risquent donc de se prolonger et les stocks de gonfler.

Après les demandes des organisations céréalières françaises et du Copa-Cogeca (nos éditions de mardi et mercredi dernier), le comité permanent de l’Onic réuni mercredi a comme prévu donné la priorité de ses débats au dossier des restitutions. La baisse de la compétitivité de nos céréales sur le marché international s’aggrave au fur et à mesure que le dollar se détériore. Le seul moyen de parer à cette distorsion monétaire est donc l’attribution de restitutions suffisantes pour permettre au blé européen et notamment français, de passer sur le marché mondial. Celui-ci est actuellement dominé par les exportations américaines, australiennes et surtout par les blés argentins de l’ancienne récolte, qui profitent d’une monnaie encore plus dépréciée que le dollar, ce qui leur permet d’être bradés à 30 $ FOB en dessous des prix français.

Faute de restitutions à l’exportation, le marché céréalier européen se trouve bloqué et les interventions massives (4,7 Mt) enregistrées dans l’Union européenne à 25 en 1 mois continueront à progresser amenant à devoir gérer en fin de campagne, un stock public gonflé de tout ce qui n’aura pas pu être exporté. Comme nous l’avons déjà indiqué, ce sont les nouveaux partenaires de l’UE -et plus particulièrement en Hongrie où les offres à l’intervention atteignaient à la date du 28 novembre, 2,1 Mt sur les 4,7 Mt offerts pour l’ensemble de l’UE- qui sont, avec l’Allemagne, les principaux solliciteurs du stockage public. Cette situation est particulièrement préoccupante en Hongrie qui ne dispose pas de capacités de stockage suffisantes et adaptées aux normes communautaires.

500 000 tonnes de maïs en plus

L’Onic propose donc de faciliter l’écoulement des surplus de blé et de maïs hongrois par des remises sur le marché des blés et des maïs d’intervention hongrois avec adjudications de restitutions afin de désengorger ce stock hongrois qui pèse sur l’ensemble du marché communautaire. Mais les restitutions doivent aussi et surtout concerner l’ensemble du marché libre communautaire. L’Onic insiste sur l’urgence de ces mesures avant que les pays de la mer noire sortent de leurs problèmes logistiques saisonniers et qu’arrivent les nouvelles récoltes de l’Hémisphère Sud.

Comme nous l’avions envisagé, l’Onic a été amené à réviser ces bilans prévisionnels. L’Office a tout d’abord revu en baisse de 200 000 tonnes, à 5,5 Mt, les incorporations de blé par les fabricants d’aliments du bétail et augmenté d’autant celles de maïs, les portant à 3,8 Mt. Il a également remonté ses estimations de production de maïs de novembre ont été augmentées de 500 000 tonnes, à 15,9 Mt, ce qui laisse prévoir un stock de report de report de 3,44 Mt en hausse de 60 % sur la précédente campagne. Ce qui peut paraître modeste par rapport au stock de report de blé prévu à 4,33 Mt, en hausse de 127 % sur celui de la dernière campagne, il est vrai peu abondante.

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