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Canivet : le rapport inquiète le petit commerce

Les conclusions rendues il y a une semaine ont fait réagir les commerçants de proximité.

Très attendu par le monde de la distribution, le rapport Canivet remis à Nicolas Sarkozy la semaine dernière n’a pas provoqué des remous que chez les grands groupes.

Une quinzaine de fédérations regroupant 100 000 commerçants et l’UCV (Union du grand commerce de centre-ville) se sont prononcées contre les projets de réforme des lois Galland et Raffarin. Du côté de la CGAD (Confédération générale de l’alimentation de détail), l’analyse est identique. « Dans les faits, on ne touche pas à la loi Galland, mais au curseur de la vente à perte. En agissant de cette manière, on va retrouver la situation qui a perduré de 1990 à 1996, et qui a mené à la loi Galland. C’est un retour en arrière » explique Claude Bellot, président de la CGAD. Selon lui, le risque réside dans la vente à perte d’un petit nombre de produits, pour attirer le consommateur dans les rayons des grandes surfaces. « C’est en fait la loi du plus fort qui s’appliquera à nouveau si ces propositions sont retenues».

L’escalade des marges arrières est également fustigée par M. Bellot, qui vise les grandes enseignes. « Elles n’ont cessé de déraper. Il y a aujourd’hui de 10 à 12 points de différence entre les marges avant et arrière. Les cinq grandes centrales d’achat qui représentent les grands distributeurs français ont dérivé. Et cela nous touche d’autant plus que le petit commerce a des parts de marché limitées. Dans certains secteurs, nous sommes au bord du gouffre. La perte de clientèle peut se révéler catastrophique ».

Une rencontre qui va pas être triste

L’évolution de la consommation vers les centres commerciaux et les grandes surfaces n’étonne pas le président de la CGAD, qui parle de choix de société. « Que le consommateur soit demandeur de grande distribution, c’est normal. Mais il doit encore pouvoir choisir. De notre côté, nous avons compris qu’il fallait se différencier. Nous avons fait des efforts sur l’accueil, sur les produits, sur les horaires d’ouverture. Mais si tout ça doit être anéanti, qu’on nous le dise ! Cela ne sert à rien d’alimenter le Fisac (Fonds d’intervention pour la sauvegarde du commerce et de l’artisanat) à fonds perdus ». Si rien n’est encore décidé, la commission Canivet s’étant contentée d’émettre des recommandations, le ministre de l’Économie doit rencontrer sous peu les différents acteurs de la distribution pour écouter leurs observations lors d’une table ronde. Une rencontre qui sera l’occasion pour M. Bellot d’exposer ses vues. « Avant d’être élu à la tête de l’UMP, M. Sarkozy est au ministère de l’Économie et des Finances jusqu’à la fin novembre. Ça ne va pas être triste ! ».

Rédaction Réussir

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