Boycott chinois : pas d’impact pour l’instant
Carrefour semble payer le parcours chahuté de la torche olympique à Paris et l’attitude ambiguë des dirigeants politiques français vis-à-vis des JO. Depuis quelques jours, le distributeur est victime d’une campagne de boycott lancée en Chine par Internet, relayée sur les forums et via les SMS. Les principaux actionnaires du distributeur sont notamment accusés « de soutenir financièrement le Dalaï lama ». Ces rumeurs « qui tendraient à faire jouer au groupe Carrefour un quelconque rôle dans la politique chinoise intérieure ou les relations internationales sont fausses et sans fondement », a indiqué le groupe, qui pourrait perdre quelques plumes dans cette affaire.
Implanté en Chine depuis 1995, le distributeur n’y a réalisé en 2007 que 3 % de ses ventes globales (avec 2,96 milliards d’euros), mais le pays est parmi les plus dynamiques en termes de consommation.
Record d’ouvertures
L’an dernier, avec 22 ouvertures d’hypermarchés, Carrefour a enregistré en Chine son record d’ouverture dans un pays sur 12 mois et compte bien profiter de l’engouement de ce marché émergent (ventes en hausse de 24,4 %). L’appel au boycott résonne comme une sanction vis-à-vis du groupe, qui tient à souligner avoir manifesté « dès le début son soutien à la candidature de la ville de Pékin pour l’organisation des jeux Olympiques ». Dans l’univers alimentaire, le précédent boycott d’envergure avait sévèrement touché les produits laitiers danois dans les pays arabes, suite à la parution de caricatures de Mahome. Le cas de figure semble ici différent. Si certaines entreprises comme Euralis ont implanté des filiales de production (foie gras) en Chine pour alimenter les marchés asiatiques, les intérêts français sont minoritaires. Dans son rapport annuel, Carrefour indique ainsi que ses magasins chinois proposent 95 % de produits d’origine locale. L’appel au boycott, adressé à d’autres marques françaises, « n’a pas d’effet sur les relations économiques » entre Paris et Pékin, a assuré mercredi le quai d’Orsay tandis que les groupes français de spiritueux, très présents en Chine, ont déclaré ne pas être inquiets.