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Beurre : la hausse des prix mal encaissée

Liés par contrat avec les collectivités et grands comptes, les grossistes en produits laitiers font le grand écart.

L’un après l’autre, les acteurs économiques du monde de l’alimentaire prennent acte de la hausse généralisée des tarifs des produits laitiers. Récemment, la Fédération nationale des commerçants de produits laitiers et avicoles, qui regroupe le négoce, s’est inquiétée des fortes tensions sur le marché du beurre et du lait. Touchées par une hausse des prix difficile à répercuter, les entreprises subissent « un véritable effet de ciseau ». Depuis la mi-février, le beurre s’est apprécié de 12 %, le chiffre étant encore plus important sur un an. « Il ne faut pas oublier le lait liquide, ainsi que les œufs et les ovoproduits qui flambent. Tout le fond de panier de nos clients est touché » concède le directeur d’un acteur majeur du secteur. Il redoute également des discussions tendues avec les transformateurs à partir du 1 er septembre, une hausse étant prévue sur les produits marketés. Engagées auprès des collectivités ou des grands comptes, les entreprises du négoce n’ont que peu de marges de manœuvre pour réviser leurs tarifs.

Certains clients sont facturés en tarifs glissants, ce qui permet de revoir les prix. Mais pour les marchés publics, la donne est différente : « sur ces contrats, nous sommes coincés. Nous pouvons faire jouer une clause de prévision (qui prend en compte une augmentation inattendue des prix NDLR), mais il faut que celle-ci soit acceptée » explique le directeur, qui a la possibilité de casser ou d’actualiser les contrats, avec cependant des conséquences financières.

En ce qui concerne les grands comptes, les négociations sont possibles, mais de manière générale la situation est inquiétante compte tenu de la tendance lourde à l’augmentation des prix, sans oublier que l’augmentation subie sur ces produits basiques se rapproche des marges réalisées par les entreprises. Les corps gras végétaux sont affectés dans le même temps, en raison de faibles disponibilités en huile de palme. Les acheteurs chinois ou indiens, à la recherche de ses produits, se réorientent vers la margarine grâce à un pouvoir d’achat grandissant.

Autour des quotas laitiers, un relâchement des contraintes a bien été décidé avec l’augmentation des allocations provisoires et plus de souplesse dans la production, mais ce coup de pouce ne devrait ni bouleverser la donne ni améliorer une situation qualifiée de « pénurie ». Pour ne rien arranger, la FNCPLA rapporte que le prix du beurre sur le marché est encore plus élevé que sa cotation. Fixé autour de 2770 euros la tonne au 30 mai, il naviguait vers 3 000 euros sur le marché, certaines opérations se traitant « jusqu’à 3 500 euros la tonne », avec des cotations allemandes et néerlandaises continuant de progresser avec des niveaux supérieurs à ceux observés en France.

Rédaction Réussir

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