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« Bergers et transhumances »

Alors que le secteur ovin traverse en France une des plus graves crises de son histoire récente, l’activité pastorale n’a sans doute jamais autant fasciné.

En témoignent notamment le succès des fêtes de la transhumance ou l’ouverture récente d’une maison du berger dans les Hautes-Alpes. Sans doute que « pour nous, qui sommes des urbains et qui gardons enraciné au fond de nous le désir du voyage, les transhumants séduisent par une apparente liberté et surtout une vie hors du commun dans un monde uniformisé », écrit Anne-Marie Brisebarre, qui avec son livre « Bergers et transhumances » va contribuer à entretenir la nostalgie d’une activité si étroitement liée aux plus beaux paysages de France. Seulement voilà, la fonction des bergers s’est peu à peu transformée. « Autrefois acteurs économiques majeurs, pourvoyeurs de laine, de lait et de viande, ils ont été marginalisés et trouvent de plus en plus difficilement leur place dans notre société industrielle », relève l’auteur. Mais le livre ne s’attarde pas sur les avatars actuels de ces travailleurs itinérants, au statut plus précaire que jamais. Anne-Marie Brisebarre, directrice de recherche au CNRS et membre du laboratoire d’anthropologie sociale du Collège de France, replonge dans l’histoire de cette activité en France sous toutes ses formes et dans toutes les régions où le pastoralisme existe encore mais aussi là où il a disparu. Elle exhume les nombreux apports culturels, artisanaux et même médicaux, comme le développement de la phytothérapie ou d’une chirurgie de fortune, que les bergers ont constitué au fil des siècles. Le chapitre sur le loup et l’ours nous ramène cependant à l’actualité. Celle, hélas, d’une incompréhension toujours grande entre le milieu urbain et celui des bergers. Mais le mythe est éternel, comme le montre l’histoire d’Astrée et de Céladon, ces deux bergers foréziens dont Éric Rohmer revisite les amours dans son dernier film.

« Bergers et trans-humances » d’Anne-Marie Brisebarre. 224 pages. Format 24,6x32,6 cm. 39,90 euros.

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