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Bercy fait un petit geste vers le commerce de proximité

En plein examen de la loi de modernisation de l’économie, le gouvernement a annoncé hier 10 mesures pour le commerce de proximité, avec des aides plus accessibles et une campagne de communication.

Dans le cadre de la Loi de Modernisation de l'Economie, il n'a jusqu'ici été question que des grandes surfaces. Mais quelques jours après l'annonce de l'augmentation de la dotation du Fonds d'intervention pour les services, l'artisanat et le commerce (Fisac), passée de 80 à 100 M Eur, le commerce de proximité a été mis en avant hier par Hervé Novelli. Le secrétaire d'Etat au Commerce a déploré le manque de données sur le sujet, et annoncé 10 mesures dont les plus importantes sont la création d'un Conseil d'orientation du commerce de proximité, l'élargissement des critères d'éligibilité au Fisac et le lancement d'une grande campagne de communication. « Il faut clarifier l'état des lieux, car il y a peu d'études sur le commerce de proximité » a insisté le secrétaire d'Etat. La création « avant la fin de l'année » d'un Conseil d'orientation est faite dans ce but, et doit se compléter par la mise en place d'outils statistiques et d'un guide méthodologique, par la prise en charge d'études préalables sur l'état du commerce local par le Fisac et par la publication d'un rapport annuel. Avec ces 5 mesures, la moitié de la feuille de route est déjà noircie, sans toutefois annoncer de révolution pour les petits commerçants. La mesure numéro 8 se révèlera certainement plus adaptée, avec l'élargissement des critères d'éligibilité et des taux d'intervention du Fisac. Les cafés et restaurants ainsi que les commerces non sédentaires seront ainsi éligibles aux opérations rurales individuelles. De manière générale, les taux d'intervention seront majorés (passant de 20 à 30%), le chiffre d’affaires maximum sera fixé à 1 million d’euros (contre 800 000 euros aujourd'hui) tandis que le plafond de la dépense subventionnable sera relevé de 50 000 à 75 000 euros.

Une campagne triennale

Selon les données communiquées hier, le commerce de proximité se rétablit d'une période assez noire. Jusqu'en 2000, ce type de commerce, surtout alimentaire, a souffert d'un fort déclin. Le nombre de boucheries est passé de 50 000 à 15 000 boucheries en 30 ans et celui des poissonneries a été divisé par 2, un sort similaire à celui des charcuteries. Mais depuis le début du nouveau millénaire, « il y a eu un très fort tassement, et aujourd'hui la baisse est très faible » a constaté Hervé Novelli, qui observe également des situations très inégales d'une ville à l'autre. Il a tenu à rassurer les défenseurs du petit commerce, en s'appuyant sur une étude révélée hier matin par Asterop, selon laquelle il n'y a pas de corrélation entre le développement du commerce de proximité et la grande distribution. Ce serait même le contraire, le petit commerce étant « plutôt plus développé là où la grande distribution l'est aussi ». Pour mieux faire connaître toutes ces actions, une campagne de communication d'une durée de 3 ans va être mise en place. Intitulée « Commerce cour de vie », elle devra porter un coup d'éclairage sur le commerce de proximité qui bénéficie d'une très bonne image.

Ces annonces interviennent alors que la Confédération générale des petites et moyennes entreprises a appelé dimanche les parlementaires à s'opposer au volet commercial de la LME. Le syndicat a indiqué dans un communiqué craindre que la LME n'entraîne «la mort» du commerce de proximité.

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