Animal et société : demandez le programme !
Les contours du « Grenelle de l’Animal », les rencontres Animal et société commencent à se dessiner. Une réunion de cadrage, qui a eu lieu vendredi 4 avril, a permis de définir le contenu des débats et des objectifs de chacun des trois groupes déjà établis : les statuts de l’animal, l’animal dans la ville, et « animal, économie et territoires ». Ces groupes seront complétés par un « intergroupe » « Jeux taurins et corrida » qui promet de belles passes et sans doutes quelques piques. Comme Les Marchés ont déjà eu l’occasion de le faire remarquer, le contenu de ces discussions est très large et concerne très directement les professionnels de l’élevage et de la viande, notamment celui du groupe 1 et surtout du groupe 3. Les débats de ce dernier groupe, consacré aux questions économiques, inclut l’examen « des conditions de transportabilité des animaux », la critique des directives spécifiques par animaux (poules pondeuses, poules de chair, porc, veau), dont les associations de protection animale souhaitent qu’elles ne soient pas repoussées, voire accélérées, et enfin les conditions d’abattage. La question très sensible de l’abattage rituel a été renvoyée à un sous-groupe avec les représentants des cultes et le ministère de l’intérieur (nos éditions précédentes). Mais, au final, ce sont peut-être les questions soulevées par le groupe 1, consacré aux questions philosophiques et juridiques qui risquent de poser le plus de conflit et avoir les conséquences les plus importantes pour les professionnels. Les intervenants seront en effet invités dans ce cadre à réfléchir « à l’opportunité d’une harmonisation des statuts de l’animal », « à l’intérêt à agir des associations dans le cadre de procédures contentieuses » ou encore « aux contrôles et sanctions » à envisager. Des thèmes lourds d’une menace de judiciarisation de l’activité d’élevage et d’abattage en France.