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Alimentation animale : seule issue, la durabilité

110 000 salariés, 4 500 usines, 190 Mt : l’industrie européenne de l’alimentation animale est intimement connectée à la consommation de produits animaux. La durabilité ne doit pas devenir un facteur de différenciation, mais bien un enjeu collectif identifié comme tel.
Les interrogations environnementales se multiplient. La pression sur le développement durable de l’élevage s’accroît donc. De l’eutrophisation et des algues vertes, qui seraient dues aux rejets de l’élevage, aux rots bovins pourvoyeurs de méthane, de la consommation d’espaces et de céréales qui pourraient être utiles à l’homme au bien-être animal, de l’augmentation des maladies cardiovasculaires à l’obésité, les productions animales souffrent d’une image dégradée. Le rapport de la FAO en 2007 a agi comme un véritable détonateur en estimant que l’industrie mondiale de l’élevage contribuait plus au réchauffement de la planète que la conduite des voitures. Et le prochain étiquetage environnemental des produits de consommation donne le micro à la distribution.
Même si les différents mouvements militants pour l’arrêt de la consommation de viande ne constituent pas une force suffisante pour faire basculer les comportements d’achats, les experts notent ce que les sociologues appellent « une fenêtre d’opportunité », une période délicate durant laquelle le fait de dramatiser les conséquences d’une consommation au niveau individuel pourrait faire converger les différents mouvements de revendication, qu’ils se focalisent sur le bien-être animal, l’environnement ou le végétarisme. Et le bio ne s’en tire pas mieux que l’intensif, la production de lait bio imposant par exemple 80 % de surfaces en plus et générant des rejets plus volumineux.
Consciente des risques, l’industrie de l’alimentation animale prend position pour un développement durable de ses marchés en communiquant sur ses actions passées, ses efforts futurs et, surtout, son travail collectif, comme la mission Développement durable lancée en France entre les trois syndicats et le centre technique professionnel début mars. Dans son premier rapport environnemental européen, la Fefac (Fédération européenne des fabricants d’aliments pour animaux) rappelle combien les produits animaux appartiennent au régime alimentaire des Européens et leur apportent des nutriments nécessaires.
Du « soja responsable » argentin
« Les préoccupations divergent entre les populations des différents pays », soulignait Arnaud Bouxin, directeur adjoint de la Fefac lors du symposium Tecaliman (centre technique de l’alimentation animale) en mars dernier. Les Néerlandais et les Suisses s’inquiètent de la déforestation en Amérique du Sud, les Britanniques et les Suédois se focalisent sur l’empreinte carbone, les Norvégiens scrutent les ressources maritimes et les Allemands les émissions industrielles. Les réponses vont donc diverger d’un pays à l’autre. Ainsi, les Belges attendent à Gand leur première livraison de soja responsable argentin courant octobre. Ils ont contractualisé collectivement pour 150 000 t de ce type de produits la première année, espérant qu’il deviendra la référence du marché et non une segmentation de plus. Les Français, autour du centre technique nantais Tecaliman, ont montré que le travail collectif sur les consommations énergétiques des usines a permis de réduire de 20 % la consommation électrique des sites de production. La Fefac identifie au total plusieurs « challenges » : la promotion de productions écologiquement intensives (optimisation des ressources), le développement de solutions nutritionnelles et technologiques pour minimiser les missions de gaz à effet de serre (méthane par exemple), l’amélioration de l’efficacité alimentaire (contrôle des ressources et diminution des rejets), l’optimisation de la valorisation des coproduits pour économiser les autres ressources. Ils représenteraient 70 millions de tonnes dans l’UE pour 190 Mt d’aliments composés produits en 2008.

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