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Agneaux : bonne tenue des prix en début d’année

Les prix des agneaux européens se sont bien tenus en début d’année, sous l’effet d’une offre limitée. Cette tendance pourrait d’ailleurs se poursuivre, de nouvelles baisses de production étant attendues un peu partout dans l’Union.

Le début 2006 se déroule sous le signe de la fermeté pour les agneaux européens, leurs prix étant restés à des niveaux élevés sur les premiers mois de l’année.

Selon l’Institut de l’élevage, la progression des cours français avant Pâques a été mesurée. Cependant, à 5,55 euro/kg fin avril, le prix moyen à la production dépassait tout de même de 7 % son niveau de 2005. L’évolution des tarifs a été plus significative Outre-Manche. Jusqu’en février, la cotation britannique est restée inférieure de 10 % à son niveau de l’an dernier. Elle a ensuite nettement augmenté pour le dépasser de 12 %. Cette forte hausse a tiré le marché européen vers le haut. Seul le sud de l’Union, et plus particulièrement l’Espagne, affichait une tendance baissière.

Vers un nouveau repli de la production en Europe

C’est à une baisse de la production que l’on doit cette bonne tenue des cours.

Selon l’Institut de l’élevage, les abattages français d’agneaux ont diminué de 9 % au 1er trimestre 2006 par rapport à la même période de 2005. Le contexte différait quelque peu Outre-Manche. La faiblesse des cours au Royaume-Uni en début d’année est due à une hausse de 8 % des abattages d’ovins de moins d’un an. Ces bas prix ont pénalisé les tarifs irlandais, malgré une nouvelle diminution de la production de " hoggets " dans ce pays (-3 %).

Selon l’Office de l’élevage, la production européenne est attendue en repli de près de 0,8 % cette année par rapport à 2005. En effet, une baisse des effectifs de 1,8 % a été constatée l’année dernière dans l’Union. Les plus fortes diminutions concernaient le cheptel irlandais (-6,6 %) et britannique (-3,1 %). Dans ces deux pays, la mise en place de la réforme de la PAC en 2005 est tenue pour responsable, entraînant une accélération des réformes et la décapitalisation des troupeaux.

Le cheptel français s’est quant à lui replié de 1,6 %, à 8,76 millions de têtes, dont une diminution de 1,5 %. A noter aussi, l’augmentation des abattages d’animaux de réformes sur le début 2006, et par conséquent, la poursuite de la décapitalisation. Ainsi, alors que notre production s’était maintenue en 2005, elle repartirait à la baisse cette année.

Une place plus grande pour la Nouvelle-Zélande

Cette baisse continue de la production européenne est une porte ouverte aux viandes "chilled" de Nouvelle-Zélande. Près de 20 % des importations européennes de viande ovine, et environ 50 % des achats français se réalisent déjà sous cette forme. Et leur part pourrait encore progresser.

En effet, pour l’Institut de l’élevage, le "chilled" (viande traitée pour être conservée plusieurs mois et revendue réfrigérée) dégage de fortes marges commerciales. Sans oublier que les morceaux sont souvent mieux adaptés aux besoins des consommateurs (de plus petite taille et à des prix plus attractifs).

Ces viandes ont donc toute leur chance sur nos marchés. Et, dans un contexte d’offre européenne en repli constant, notre demande pour ces produits pourrait être progressivement revue à la hausse.

Peut-être même faudra-t-il songer à revoir les contingents d’entrée de nos fournisseurs. C’est en tout cas ce qu’espère l’Australie qui aimerait bien pouvoir profiter un peu plus du marché européen.

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