Zones intermédiaires : une MAEC à 92 euros par hectare pour les grandes cultures
En 2026, la mesure agroenvironnementale dédiée aux grandes cultures en zone intermédiaire (MAEC ZIGC) devient accessible à un plus grand nombre d’agriculteurs. Son zonage est élargi, son budget abondé de 40 millions d’euros, et sa durée d’engagement réduite à trois ans.
En 2026, la mesure agroenvironnementale dédiée aux grandes cultures en zone intermédiaire (MAEC ZIGC) devient accessible à un plus grand nombre d’agriculteurs. Son zonage est élargi, son budget abondé de 40 millions d’euros, et sa durée d’engagement réduite à trois ans.
La période des déclarations PAC 2026 est close, mais contractualiser une MAEC zone intermédiaire grandes cultures reste possible jusqu’au 20 septembre 2026 dans le cadre du droit à l’erreur. Il est donc encore temps de vérifier l’éligibilité de son exploitation pour bénéficier d’une mesure désormais ouverte sur un territoire plus large que la zone intermédiaire. Cette nouvelle possibilité fait suite à l’annonce de la ministre de l’Agriculture le 8 mai de réaffecter aux zones intermédiaires 40 millions d’euros (M€) issue des reliquats des aides à la conversion bio non consommés (dont 5 M€ sanctuarisés pour le bio).
La MAEC ZIGC existe depuis 2023 mais elle n’était accessible que sur certains territoires PCAE (programme agro-environnemental et climatique), principalement dans le Grand Est, en Bourgogne Franche-Comté, et Bassin parisien (Île-de-France et franges Centre-Val de Loire). « Elle n’a jamais eu beaucoup de succès car son plafond fixé à 6 000 euros par exploitation et par an, la rendait peu incitative pour les agriculteurs », explique Christian Daniau, agriculteur charentais et responsable du dossier zones intermédiaires au sein de la FOP (Fédération Française des producteurs d’oléagineux et de protéagineux).
Qui peut bénéficier de la MAEC ZIGC ?
En 2026, la mesure est accessible à un plus grand nombre d’exploitations spécialisées en grandes cultures (conventionnelles et bio). « Nous avons obtenu que le zonage de la MAEC soit élargie à des territoires de grandes cultures au potentiel de rendement limité et à risque climatique, explique Christian Daniau. Pour la première fois, il y a une reconnaissance nationale des difficultés des producteurs de grandes cultures de ces zones. » La mesure est plus largement ouverte dans le Grand Est et la Bourgogne-Franche-Comté mais surtout, elle est devenue accessible dans de nombreux départements d’Occitanie et dans l’ex-région Poitou-Charentes, alors qu’elle ne l’était que de façon fragmentée précédemment.
Pour être éligible, une exploitation doit cumuler trois conditions : consacrer au moins 80 % de sa SAU à des grandes cultures (céréales, oléagineux, protéagineux, légumineuses, cultures de fibres ou légumes de plein champ), se trouver dans le périmètre d’un PAEC ayant intégré la MAEC, et ne pas être déjà engagé dans une autre MAEC système (eau, climat, biodiversité, filière ou conversion bio) ni dans un dispositif PSE (paiement pour services environnementaux).
Quelle rémunération pour les producteurs de grandes cultures ?
L’aide est fixée à 92 €/ha engagé et par an. Le plafond annuel par exploitation a été revu à la hausse en 2026, mais il varie beaucoup selon les régions, chaque autorité de gestion (Draaf) l’arrêtant en fonction de ses priorités et du budget disponible. Il est de 9 000 €/an/exploitation en Nouvelle-Aquitaine (soit 97 ha pris en charge), de 18 000 €/an/exploitation en Occitanie (195 ha pris en charge) ou encore de 20 000 € en Bourgogne-Franche-Comté.
« Toutes les exploitations de grandes cultures ne sont pas logées à la même enseigne selon les choix faits par les services de l’État en région, se désole Christian Daniau qui siège à la Commission régionale agro-environnementale et climatique (CRAEC) de Nouvelle Aquitaine. Ce dernier estime notamment que sa région n’est pas à la hauteur des besoins des producteurs de grandes cultures, et pointe aussi le risque qu’avec un plafond trop bas les exploitants ne s’engagent pas. La Nouvelle-Aquitaine a reçu une enveloppe de 5,8 M€, tandis qu’en Occitanie, les organisations professionnelles indiquent que 13 à 14 M€ devraient bénéficier aux céréaliers de la région.
Quelles obligations dans la MAEC ZI GC ?
L’engagement porte sur 90 % des terres arables de l’exploitation et sur trois ans (2026 à 2028). Chaque année, l’exploitant doit disposer d’au moins 20 % de ses terres arables en cultures à bas niveau d’intrants (sorgho, tournesol, soja, sarrasin, chanvre, lupin, avec des adaptations de la liste selon les territoires) ou en légumineuses. Sur la surface engagée, le retour d’une même culture deux années de suite est interdit, sauf pour les légumineuses pluriannuelles et les prairies temporaires.
Sur la période de trois ans, chaque parcelle engagée doit avoir accueilli au moins une fois une culture d’hiver, une culture de printemps, et une culture à bas niveau d’intrant ou légumineuse. Mais elle peut aussi accueillir deux ans de légumineuses pluriannuelles ou de prairies temporaires. « Cette MAEC est un accompagnement pour ceux qui prennent le risque de diversifier leur assolement », énonce Christian Daniau. Enfin, à partir de la deuxième année, au moins 1 % des terres arables doit être consacré à des jachères mellifères.
Comment et quand s’engager ?
La campagne officielle de déclaration PAC 2026 s’est terminée le 18 mai, mais il est possible de déposer une demande de MAEC ZIGC jusqu’au 20 septembre 2026. Même si les parcelles sont désormais toutes ensemencées, les obligations du cahier des charges en première année d’engagement sont accessibles sur beaucoup d’exploitations dès à présent, et l’essentiel se raisonne à l’échelle de la rotation. « Ces règles imposent une réflexion de fond sur les rotations, mais restent accessibles dès lors que le système inclut un tournesol », estime Christian Daniau.
Concrètement, il faut donc d’abord vérifier son éligibilité, faire réaliser un diagnostic agroécologique par un opérateur agréé et le transmettre à la DDT, puis intégrer la demande sur Télépac en engageant au moins une parcelle.
Qu’est-ce qu’une zone intermédiaire ?
Les zones intermédiaires désignent des territoires aux conditions de production difficiles, sans relever du classement en zones de montagne ou défavorisées. Elles se caractérisent par des rendements en grandes cultures inférieurs à la moyenne nationale, des sols souvent superficiels et caillouteux, et une sensibilité accrue aux aléas climatiques. Elles forment une large bande traversant la France, de la Lorraine et la Champagne crayeuse au nord-est jusqu’au Poitou-Charentes, au Quercy, au Lauragais et aux piémonts pyrénéens au sud-ouest.