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Échanges et dynamisme pour la filière caprine au Pradel

Plus de 400 éleveurs, techniciens et étudiants sont venus découvrir les derniers résultats d’essais réalisés à la ferme expérimentale du Pradel, en Ardèche, le 18 octobre 2022.

« Le bilan de cette journée est extrêmement positif entre l’affluence et la mobilisation des équipes et de nos partenaires », avance Laurent Balmelle tout sourire. Et le président de Cap’Pradel* a de quoi être satisfait. Plus de 400 visiteurs, dont une moitié d’éleveurs, ont foulé les allées de la ferme expérimentale caprine du Pradel, à Mirabel (Ardèche), à l’occasion des portes ouvertes organisées le 18 octobre. « Parmi les participants, il y a de nombreux éleveurs déjà installés, signe que le travail mené ici répond à leurs attentes et que les éleveurs caprins sont toujours à la recherche de solutions techniques », poursuit-il.

Huit ateliers thématiques et trois circuits de visite, présentés par les ingénieurs, vétérinaires et techniciens qui ont conduit les expérimentations associées, étaient proposés aux participants. Ils feront tous l’objet d’articles dédiés dans les numéros à venir de la revue.

Parasitisme : comment s’en sortir ?

Les strongles gastro-intestinaux sont une des principales difficultés concernant la pratique du pâturage en élevage caprin. Le projet régional Pepit Parcap Aura a exploré plusieurs axes de travail pour améliorer la situation. Un essai a été réalisé sur les meilleures conditions pour optimiser la conservation des œufs dans les fèces afin de fiabiliser les résultats de contaminations obtenus. L’effet des ruptures de pâturage sur l’assainissement des parcelles en larves infestantes dans le but de valoriser le levier gestion du pâturage pour limiter le parasitisme a également été évalué. Enfin, a permis de dresser un état, très inquiétant, des résistances à l’éprinomectine et aux benzimidazoles, principales molécules utilisées en vermifuge caprin en Aura.

Changement climatique : que mangeront nos chèvres demain ?

Pour faire face aux sécheresses de plus en plus précoces et régulières, en lien avec le changement climatique, des solutions à mettre en place, des témoignages d’éleveurs, ainsi que les résultats des projets ont été présentés. Secufourrage vise à implanter des mélanges de prairies multi-espèces adaptés à nos climats ainsi que de mettre en place des doubles cultures du type méteil-sorgho à pâturer. Le projet Apache a, lui, pour objectif d’étudier le pâturage d’arbres fourragers en caprin. Des essais ont été menés sur le pâturage de mûriers et de vignes avec un suivi allant des arbres aux chèvres et jusqu’à la transformation en Picodon AOP.

Stratégie alimentaire

Opter pour un système alimentaire pour son troupeau, sans cesse le remettre en cause pour l’améliorer, mais aussi avoir tous les repères pour le piloter au quotidien, c’est le lot de tout éleveur de chèvres. Et la grande diversité des systèmes dans les élevages caprins fait que les références adaptées à chacun ne sont pas toujours faciles à trouver, voire pas toujours disponibles ! Cet atelier a permis d’échanger sur les questions autour de l’alimentation en s’appuyant sur les travaux en cours dans les projets MaxForGoat et Cap Protéines.

Lactations longues : les questions à se poser

Au cours de ces vingt dernières années, la pratique des lactations longues s’est développée, mais a aussi évolué. On constate que les proportions les plus élevées de lactations longues se rencontrent dans les élevages à plus forts effectifs. C’est aussi une pratique en proportion plus fréquente dans les troupeaux qui désaisonnent. La plupart des chèvres concernées ne font qu’une lactation longue dans leur carrière, d’une durée moyenne d’environ deux ans.

Vers une reproduction plus durable

La réussite de la reproduction conditionne la production laitière, la conduite des chèvres notamment à la mise bas, l’élevage des chevrettes de renouvellement et la réussite de la reproduction suivante. Cette réussite passe tout d’abord par une bonne gestion de la stratégie de reproduction, via l’application très rigoureuse de protocoles validés (groupage par effet mâle, synchronisation des chaleurs, désaisonnement…), adaptée aux objectifs de l’éleveur : prévision et étalement de la production, organisation et simplification du travail, amélioration de l’efficacité technico-économique de l’élevage…

Que ce soit en saillie naturelle ou à l’IA, le choix des reproducteurs est essentiel pour assurer la réussite de la reproduction, mais aussi pour permettre d’apporter la variabilité et le progrès génétique attendus, tout en contribuant au respect de la biosécurité.

Le rendement fromager : un outil de pilotage

À composition du lait équivalente, le schéma technologique mis en œuvre en fromagerie influe sur le rendement, le premier des facteurs étant la maîtrise de la courbe d’acidification. Acidimètre, balance, calculette et thermomètre sont les quatre outils indispensables du fromager.

Quelles conduites pour quelles valorisations des chevreaux lourds

L’atelier sur l’engraissement de chevreaux lourds est centré sur les résultats des projets ValCabri et Top’Cabri. Un dossier complet sera consacré à ce sujet dans le prochain numéro de Réussir La Chèvre.

Une litière bien gérée

Avec de nombreuses incertitudes qui persistent encore aujourd’hui sur les Escherichia coli productrices de shigatoxine (Stec) et la gestion de ce risque en élevage caprin, le projet Malistec (mamelle – litière – Stec) a étudié comment limiter le passage des Stec du tube digestif au lait, à deux niveaux, la litière et les trayons, par le suivi des E. coli, indicateurs de contamination fécale (articles dans RCH369 p. 34 et RCH371 p. 32).

*Cap’Pradel est un réseau créé en 2018 autour de la ferme expérimentale caprine du Pradel, cofinancé par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, l’Anicap, FranceAgriMer, le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, le département de l’Ardèche et l’Union européenne.

Bibliographie

Retrouvez l’ensemble des visuels présentés ainsi que les présentations des ateliers techniques sur idele.fr

Labellisation Digiferme pour le Pradel !

 

 
Juliette Contreras, responsable du réseau à l'Acta, a remis à Pierre Ulrich, le directeur de l’exploitation, la plaque officialisant la labellisation Digiferme de la ferme expérimentale du Pradel. © V. Hervé-Quartier
La ferme expérimentale caprine du Pradel a reçu officiellement la labellisation Digiferme, remise par Juliette Contreras, responsable du réseau à l’Acta, à Pierre Ulrich, le directeur de l’exploitation. Le Pradel rejoint ainsi le réseau de quinze fermes promouvant une agriculture numérique répondant aux besoins des agriculteurs. Parmi les sujets de travail à venir, l’utilisation de l’intelligence artificielle dans l’analyse des comportements des animaux (projet AniMov), et le suivi des consommations électriques permettant de détecter des anomalies de fonctionnement et d’anticiper d’éventuelles pannes ou maintenances. Les Digifermes sont ouvertes aux entreprises du numérique, start-up, organismes agricoles et à tous ceux qui veulent faire avancer l’agriculture.

 

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