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Patuchev montre que les élevages caprins peuvent faire du revenu avec de l’herbe

Lancé en 2013, l’expérimentation Patuchev a permis d’explorer la faisabilité de systèmes caprins agroécologiques à la fois productifs, durables et économiquement viables. Douze ans plus tard, les résultats sont là. 

Chèvre alpine sur la route du pâturage
Le troupeau saisonné pâturant a permis de dégager un revenu théorique de 2,4 Smic par unité de main d'œuvre.
© D. Hardy

Face à la hausse des coûts énergétiques, à la volatilité des marchés des matières premières et aux attentes sociétales en matière de transition agroécologique, l'Inrae a mis en place une expérimentation-système au sein de l’unité Ferlus de Lusignan (Vienne). Le principe de Patuchev : tester, sur la durée, différents modes de conduite de troupeaux caprins, avec un objectif commun d’autonomie et de durabilité sous contrainte de production.

Trois élevages de chèvres en parallèle 

« La question que nous nous sommes posés, c’est : quels systèmes d’élevage permettent une meilleure autonomie en intrants tout en maintenant la production ? », explique Hugues Caillat, responsable de l’expérimentation Patuchev. 

Lire aussi : Patuchev allie autonomie et productivité grâce à l’herbe

Trois systèmes ont été comparés sur douze ans : un système saisonné pâturant avec mise bas en février, un autre désaisonné pâturant avec mise bas en septembre et un dernier désaisonné en bâtiment avec une alimentation au foin ventilé. Tous sont basés sur un système polyculture-élevage avec un troupeau moyen de 56 chèvres alpines sur 10 ha de prairies multi-espèces et méteil avec zéro phyto, zéro azote minéral et une reproduction sans hormone

Dépasser l’objectif de revenu

Les trois systèmes ont atteint ou approché les objectifs techniques de départ, à savoir une production de 800 litres par chèvre et par an, une autonomie alimentaire globale de 80 % et fourragère de 100 % et moins de 375 g/l de concentrés. Mais les écarts sont plus marqués en matière de revenu.

Lire aussi : La journée CapVert fait le bilan de 12 ans de Patuchev et de REDCap

Aymeric Mondière

« Le système saisonné pâturant est le seul à dépasser l’objectif économique des deux Smic par UMO, avec 2,4 Smic, explique Aymeric Mondière, qui a compilé les travaux d’évaluation au sein de Patuchev. C’est ce système qui combine la meilleure performance économique et la plus grande autonomie. Mais les deux systèmes désaisonnés dégagent tout de même des revenus théorique de 1,7 et 1,8 Smic par UMO.»

La performance du troupeau pâturant est liée à une ingestion élevée de fourrages (963 kg MS/an), des coûts d’alimentation achetée et de mécanisation plus faibles et une bonne valorisation des prairies pâturées au printemps.

Moins de concentrés, plus de résilience

Le recours aux concentrés reste modéré dans les trois cas : entre 323 kg/chèvre/an pour le désaisonné pâturant et 363 kg pour le désaisonné bâtiment. Cela reste inférieur aux moyennes de la filière (373 à 518 kg/an selon le système fourrager issus des références Inosys). « Même si les objectifs étaient ambitieux, ces résultats montrent qu’on peut aller plus loin dans la réduction des intrants », insiste Aymeric Mondière.

Lire aussi : Comment Patuchev parvient à faire du lait avec de l’herbe

Côté autonomie, le saisonné pâturant atteint 77 % d’autonomie globale, 91 % en fourrages, et 44 % en concentrés, en deçà de l’objectif de 60 %. « Ce qui fait la différence, c’est la part d’herbe dans la ration : jusqu’à 73 % dans le cas du saisonné pâturage. Cela permet non seulement de produire mieux, mais aussi d’être moins dépendant des marchés extérieurs.  »

« Nos résultats montrent que ces systèmes peuvent être viables économiquement et productifs en utilisant de l’herbe, en foin ventilé ou pâturée, avec une part importante dans la ration (+70 %) et ceci, sans intrant et en limitant les quantités de concentrés », conclut Hugues Caillat.

 

Une durabilité globale et quelques pistes d’amélioration

L’analyse de durabilité montre peu d’écarts entre les systèmes. Seuls les indicateurs « Énergie et climat » (consommation d’énergie fossile et émissions de gaz à effet de serre) distinguent les systèmes. Les émissions brutes varient entre 1,4 et 1,62 kg CO₂ eq/l, soit plus que les références bovines laitières (0,99 kg/l), mais dans la moyenne caprine. « Il reste trois marges de progrès : réduire les émissions de gaz à effet de serre et la consommation énergétique, et mieux intégrer la biodiversité », conclut Aymeric Mondière.

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