Lait Stéphane Joandel : « Quelques centimes d’augmentation peuvent tout changer »

- - 4 min
(de G à D) Laurine Rousset, présidente JA43, Éric Richard, président de la section laitière FDSEA43, Stéphane Joandel, président de la section laitière régionale, Vincent Chirent, producteur de lait 63 et Sabine Tholoniat, présidente de la FNSEA63 ont procédé à une vérification des prix du lait au supermarché E.Leclerc à Clermont-Ferrand Crédits : © AA

Un conseil d’administration extraordinaire de la FNPL s’est réuni il y a peu. Quelle position a été affichée ?

Stéphane Joandel : « L’objectif de cette réunion était de refaire le point sur ce qu’il se passe pour notre filière. Nous avons beaucoup parlé de la politique de la coopérative Sodiaal et de sa décision d’abandonner la formule de calcul pour le beurre et la poudre. Dans un contexte d’explosion des charges, la fixation d’un prix politique est difficilement compréhensible sur le terrain. Nous avons récemment rencontré le bureau de Sodiaal et une chose est sûre, leurs explications ne nous ont pas convenu. Notre position reste toujours la même : les grandes enseignes doivent jouer le jeu et faire passer des hausses de prix pour que le travail des éleveurs soit rémunéré dignement. »

Quel est le prix à atteindre ?

S.J. : « Aujourd’hui, les marchés mondiaux explosent par manque de matière. L’export se porte bien mais le marché intérieur patine en raison de la mauvaise foi de la grande distribution qui a fait du consommateur la variable d’ajustement. Le consommateur, lui, il cherche toujours le moins cher et ça peut se comprendre. Mais nous, on dit que quelques centimes d’augmentation peuvent tout changer. Le prix juste, ce serait un lait UHT à 99 centimes d’euros contre 78 centimes aujourd’hui. Pour le consommateur, cela représenterait dix euros à l’année alors que pour l’éleveur, cela reviendrait à 40 euros de hausse / 1 000 litres, c’est énorme ! Je pense sincèrement que beaucoup de consommateurs y sont prêts. »

Vous avez récemment rencontré le ministre de l’Agriculture. Vous a-t-il apporté des garanties ?

S.J. : « Marc Fesneau vient juste de prendre ses fonctions, il s’agissait plutôt d’une visite de courtoisie. Nous lui avons fait part de nos problèmes, et lui avons demandé de bien regarder la situation. À titre personnel, je souhaite qu’une commission d’enquête puisse être mise en place afin d’étudier les marges d’opérateurs comme Sodiaal. Cela demandera des parlementaires courageux, même si évidemment l’objectif est seulement de comprendre où se trouvent les blocages pour les résoudre. J’ai récemment rencontré plus de quatre-vingts éleveurs à Brioude dans l’usine de Sodiaal (lire en page 3) Je les ai sentis très pessimistes pour le quatrième trimestre, avec la crainte de voir la décapitalisation se poursuivre de manière inexorable. »

Qu’en est-il concernant le lait bio ?

S.J. : « Le bio est un marché qui s’est beaucoup développé mais de manière un peu artificielle. On a voulu l’imposer dans les états généraux de l’alimentation, sous l’impulsion de certaines ONG ou personnalités politiques, mais aussi de l’Union européenne. Mais un marché ça ne se décrète pas, ça se construit. Nous avons atteint le plafond de la consommation bio aujourd’hui, c’est certain. Aujourd’hui, le marché tient car on déclasse du bio pour du conventionnel mais cette situation est précaire. Nous considérons qu’il faut arrêter les conversions pour rééquilibrer la filière. »

Quelles sont les mobilisations prévues pour faire bouger les lignes ?

S.J. : « Mardi 9 août, nous nous sommes rendus au Leclerc de Clermont-Ferrand (lire ci-dessous) pour y rencontrer le directeur et discuter des négociations commerciales. Pour la rentrée, nous réfléchissons à plusieurs pistes mais nous ne voulons pas nous tromper de cibles sur les véritables responsables de la situation. Je souhaite en tout cas que l’on puisse organiser une grande manifestation du monde de l’élevage à l’automne. De nombreux scientifiques alertent aujourd’hui sur les erreurs stratégiques qui sont faites au sujet de l’élevage et il est crucial de les dénoncer. L’avenir de l’élevage ne peut pas être guidé par des têtes pensantes extrémistes qui le mettent en danger. Nous avons déjà fait beaucoup d’efforts sur la question des effluents ou sur la diminution de l’usage de produits pharmaceutiques. L’élevage peut encore s’améliorer mais il faut rappeler à quel point il est indispensable à l’équilibre des milieux. »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

grande distribution
Suivi
Suivre
agriculture biologique
Suivi
Suivre
<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires