Président de la FDSEA de la Haute-Loire de 1996 à 2002, Alain Fialip revient sur son parcours syndical, les évolutions de l’agriculture et les défis du syndicalisme. À l’heure des 80 ans de la FDSEA et de la HLP, il rappelle l’importance de la défense collective et de la mémoire professionnelle.

Vous avez présidé la FDSEA 43 de 1996 à 2002. Comment êtes-vous venu au syndicalisme ?

Tout est parti du syndicat local, auquel participaient presque tous les agriculteurs. Nous organisions des commandes groupées, nous nous retrouvions et défendions nos intérêts. C'était une porte d'entrée vers le syndicalisme revendicatif. J'ai ensuite été délégué cantonal dans les années 1980, puis membre du conseil d'administration départemental. J'ai pris progressivement des responsabilités, notamment à la section structures, avant de rejoindre différentes commissions de la FNSEA. C'est ainsi que j'ai succédé à Gilbert Bros à la présidence départementale.

Que retenez-vous de ces années d'engagement ?

D'abord, les relations humaines. Nous étions un groupe soudé, avec le sentiment d'être tous dans le même bateau. Nous organisions notamment des sorties pour rencontrer des collègues d'autres départements, comparer nos réalités et comprendre leurs difficultés. Sur le plan professionnel, nous avons traité de nombreux dossiers. Avec le recul, on constate que les problématiques de fond restent souvent les mêmes : défendre le métier et assurer sa pérennité.

Qu'est-ce qui a le plus changé dans le métier depuis les années 1990 ?

L'arrivée des aides européennes a modifié la donne. Nous sommes passés d'une logique de défense du revenu par les prix à un système où les aides compensent en partie l'absence de garanties sur les prix. Aujourd'hui, les enjeux environnementaux, le bien-être animal et les normes européennes se sont ajoutés. Leur application est parfois tatillonne et complique le quotidien des exploitants. Pourtant, les agriculteurs font preuve d'une grande capacité d'adaptation. Peu de professions savent évoluer aussi rapidement.

Quel regard portez-vous sur le syndicalisme agricole actuel ?

La diminution du nombre d'agriculteurs réduit notre capacité à nous réunir et à manifester. Le syndicalisme évolue aussi vers davantage d'individualisme : certains viennent chercher des moyens de défense, mais s'engagent moins dans une action collective. Or, le syndicalisme, c'est avant tout défendre ensemble nos intérêts. Il y a quarante ou cinquante ans, être soudés était indispensable pour obtenir des avancées et survivre.

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