À l’occasion de la journée technique salade du 1er octobre, plusieurs acteurs sont revenus sur l’avenir de la filière et les défis climatiques, sanitaires, économiques et de consommation auxquels elle fait face.
Les consommateurs n’achètent pas moins de salades, mais les consomment différemment. Les plus jeunes se tournent notamment davantage vers les produits croquants. C’est le constat d’Auchan lors de la table ronde organisée par le CTIFL lors de la journée technique salade du 1er octobre. L’enseigne propose désormais 45 % de salades tendres et 40 % de croquantes. L’essor du croquant, représenté par la 4e gamme, est aussi constaté par le Syndicat des fabricants de produits végétaux frais prêts à l’emploi (SVFPE) qui indique que le secteur est porteur : + 7 % de production en 2025 par rapport à 2024.
Le climat met à mal les cahiers des charges
Si l’évolution de la consommation n’est pas perçue comme une menace, le climat inquiète, d’autant plus avec l’été 2026. Des problèmes de qualité ont été constatés, amenant les distributeurs à se poser la question : faut-il privilégier le local avec une qualité parfois dégradée ou aller chercher la marchandise plus loin ? En parallèle, certaines exploitations adaptent leur stratégie en arrêtant la production estivale. Le plein champ est parfois remis en question au profit du sous-abri, même si les professionnels insistent sur la complémentarité des deux systèmes.
D’autres actions sont engagées. Les exploitations mécanisent face à la pénurie de main-d’œuvre et pour réduire la pénibilité. La sélection variétale s’accélère également, intégrant le climat aux critères de sélection depuis plusieurs années déjà. La recherche de nouvelles résistances aux bioagresseurs reste également essentielle face à la baisse du nombre de solutions phytosanitaires.
Reste la question du financement. Entre investissements dans les équipements, développement du sous-abri et sélection variétale, les acteurs de la filière s’accordent sur un point : la transition aura un coût. Pour plusieurs intervenants, elle nécessitera une évolution du regard du consommateur sur l’aspect, la disponibilité et le prix de la salade, avec des assortiments qui pourraient devenir plus variables selon les saisons et les conditions climatiques.